Comment François Fillon s’achète une virginité pour jouer aux vierges effarouchées

septembre 30, 2006

François Fillon n’est plus dans son rôle d’homme politique dont on attend un peu plus de tempérance, et surtout d’assumer ses choix et ses responsabilités.

D’une part François Fillon ne peut pas nous faire croire qu’il découvre les us et coutumes du monde médiatico-politique et d’autre part il est peu digne de vouloir masquer ses propres errances en accablant les personnes dont on a fait la cour et qui vous ont faites. J’aime beaucoup les analyses d’Allain Leroux et de Daniel Riot sur le sujet.

François Fillon donne davantage dans l’aigreur que dans la réflexion politique. Petit personnage, très petit. Un livre à ne sûrement pas lire.


Le temps des (queues de) cerises

septembre 29, 2006

A l’extrême gauche française, le PC n’en finit plus de se déliter. Une candidature du Parti communiste est une véritable gageure et l’absence de candidat serait suicidaire. Seul espoir pathétique de survie que caresse Marie-Georges Buffet : rassembler le « non » de gauche. Tout cela semble bien illusoire, le MRC est déjà engagé dans des discussions électorales avec le PS, les Verts avec deux deuxième tour de scrutin interne ont élu Dominique Voynet comme candidate, LO a de nouveau opté pour Arlette Laguiller et la LCR a désigné Olivier Besancenot.  Maintenant que chacun a son candidat et étant entendu que l’extrême gauche est toujours friande d’AG, tout ce petit monde se trouve en état de négociation. Avec en position de force la LCR (qui n’a rien à perdre) et en état d’agonie le PC (en voie de disparition). 

Ces négociations portent en réalité sur deux accords quasi introuvables :

1 – Accord contre toute alliance parlementaire et gouvernementale avec le PS 

2 – Accord financier sur le financement de la campagne et l’aide publique aux formations politiques. 

Autrement dit, les partis qui se retrouveront sur une candidature unique de l’extrême gauche ne peuvent conclure un quelconque accord avec le PS. Cela suppose des candidatures unitaires d’extrême gauche dans toutes les circonscriptions et la non participation à un gouvernement sous l’égide du PS.  Or chez les Verts des négociations ont déjà eu lieu pour les législatives, et au PC Marie-Georges Buffet n’attend qu’une chose : les ouvrir. Sont en jeu les 22 députés du PC et un ou plusieurs postes de Ministre. 

Comme quoi, derrière les plus belles utopies se dissimulent toujours les plus serviles compromissions.


L’UMP et ses poupées russes

septembre 28, 2006

Il ne fait plus aucun doute que Nicolas Sarkozy sera le candidat de l’UMP à l’élection présidentielle. Durant l’été, les ralliements se sont opérés les uns après les autres sur différents modes : ouvertement « mon candidat c’est Sarko », subtilement « Sarko est le mieux placé », péniblement « je soutiendrai le candidat de ma famille politique », etc. 

Désormais, le choix du numéro 1 étant réglé, il s’agit de sélectionner le numéro 2 (le Premier ministre). Plusieurs candidats sont dans les starting blocks : François Fillon, Jean-Louis Borloo, Michèle Alliot-Marie, Philippe Douste-Blazy, et il serait étonnant que d’autres n’émergent. 

Les postures sont sans surprises, on prend les mêmes et on recommence, ce qui donne : François Fillon sur la thématique de la rupture et de l’anti-Chirac (on ne change pas un thème qui gagne), Jean-Louis Borloo du modèle social, Michèle Alliot-Marie de la référence historique au gaullisme, Philippe Douste-Blazy du jack-lang-du-centre-droit… 

Ensuite nous passerons, pour notre plus grand plaisir, aux chicayas des 15 ministrables. Nous aurons à l’avenir tout le loisir de disserter sur ces vicissitudes d’autant qu’à l’heure actuelle ils doivent déjà être près de 300 à avoir eu des “espérances”… 


Candidate housewives (2)

septembre 28, 2006

 

Après avoir tenté l’impossible, Lionel Jospin renonce à se présenter à l’investiture du PS. Le décompte des voix n’y était pas pour espérer l’emporter. Cela s’appelle du réalisme politique, en clair une défaite sans avoir livrée bataille. Il n’y a rien de plus anti-politique que le réalisme. Cet homme n’avait décidément pas l’étoffe d’un Président. 

Commence dès lors l’exploitation cadavérique du candidat Jospin : Chacun des candidats encore en lice devrait instruire un procès en réhabilitation pour tenter de récupérer son électorat. 

Exercice vain, les voix basculeront automatiquement sur Ségolène Royal. C’est là, toute l’incohérence de Lionel Jospin : inscrire sa candidature comme anti-Royal tout en lui déroulant au final le tapis rouge. Le message reçu par les adhérents du PS est qu’il fallait choisir le ou la mieux placé aux yeux de l’opinion, en l’occurrence Ségolène Royal. 

Jack Lang, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Khan auront beau jeu de se prétendre les premiers supporteurs de Ségolène Royal au soir de l’élection interne du PS et de pouvoir compter à l’avenir. 

Suite dans le prochain épisode.


Et pourquoi pas Jacques Chirac ?

septembre 28, 2006

Chanson reçue ce matin par Internet. Serait-ce le tube de 2007?


Echec de Jospin et victoire de la démocratie d’opinion

septembre 28, 2006

En politique il est très difficile d’être après avoir été. Lionel Jospin nous le démontre une nouvelle fois, en annonçant ce matin qu’il ne sera pas candidat à la candidature du PS.

Il avait placé son retour sur une autre conception de la politique que celle pratiquée par Ségolène Royal. Pour lui, la politique ne se résumait pas à de la navigation à la godille de l’opinion. Seul inconvénient, en ratant son retour il donne raison à Ségolène Royal et à cette manière peu engageante de faire de la politique.

Son retour est ainsi doublement manqué, à la fois sur la forme et sur le fond. Comme quoi à trop vouloir passer pour un pur on finit par être toxique.


La Présidentielle : Peut-on encore parler d’élection ?

septembre 27, 2006

Les partis jouent-ils encore un rôle dans les campagnes électorales ? Dans Libération du 26 septembre un premier secrétaire de fédération du PS livre une réflexion intéressante. Sommes-nous passés des sondages d’opinion aux sondages de propagande ? Dans Libération du 27 septembre, l’ancien président du groupe Sofres s’interroge. Les plans de communication ont-ils définitivement supplanté les programmes électoraux ? Toujours dans Libération du 27 septembre, Alain Duhamel se montre sceptique.

Il est probable que la campagne qui s’annonce nous apportera des éléments de réponses.


Candidate housewives

septembre 26, 2006

Résumé des épisodes précédents

2003 : La Place à prendre
Après le « retrait » de la vie politique de Lionel Jospin en 2002, timidement la vie reprend au PS et l’appétit revient : la Place était à prendre.
Laurent Fabius l’illégitime successeur naturel fourbissait ses armes et tentait une opération séduction en jean’s et à moto dans Paris Match. François Hollande, jusque là intérimaire au poste de premier secrétaire du PS, se retrouvait en toute discrétion en première ligne. Dominique Strauss-Khan devenait le nouveau point d’ancrage de la génération Mitterrand qu’il avait rencontrée à la feue « pouponnière du PS » : la MNEF dont il avait été l’avocat. Quant à Jack Lang, il campait toujours à merveille son rôle de candidat à la candidature bardé de son indélébile fond de teint fin prêt à répondre aux sollicitations télévisuelles.

2004 : La Place des victoires
C’est alors qu’un grand malheur s’abattit sur tout ce petit monde en 2004 : une abominable victoire en forme de raz de marée électoral lors des élections régionales. Sur 22 régions, 20 étaient dorénavant présidées par les socialistes. L’électorat de gauche s’était mobilisé comme jamais. Pour beaucoup l’esprit de revanche avait soufflé après l’humiliation de la présidentielle apportant avec lui un maléfique courant d’air d’opportunisme : La Place fleurait bon la victoire. Gonflés d’ambition nos leaders socialistes plutôt intravertis ressortaient leur tunique d’extravertis. François Hollande fanfaronnait et criait victoire à l’arrière des troupes PS. Laurent Fabius y voyait un retour au bon vieux principe d’union des gauches, des coups de grisou à la biennale des antiquaires, quand Dominique Strauss-Khan se découvrait un destin national. Jack Lang retrouvait sa mine resplendissante sur les plateaux de télévision des soirées électorales. Même Lionel Jospin sortait sa botte de Nevers : son fameux droit d’inventaire estimant que cette victoire était un peu la sienne.

2005 : La Place Royal
Les stratégies s’ébranlaient, la pusillanimité en bandoulière. Une seule règle : Occuper ses positions sans commettre de faux pas, autrement dit, surtout ne pas perdre pour espérer gagner. François Hollande, en tant que premier secrétaire, se voyait pressé de donner la position du parti pour le futur référendum sur la constitution européenne, et d’aussitôt se réfugier derrière la consultation des adhérents. Chacun des ténors soutint le « oui » dans la campagne interne tandis que Laurent Fabius, ayant échoué à conquérir le parti au précédent congrès, tentait le tout pour le tout en s’enrôlant derrière le « non ». Comme souvent dans une lutte d’appareil, Laurent Fabius échoua à demi et François Hollande l’emporta à demi. Si les adhérents donnèrent à la fois tort à Laurent Fabius celui-ci réussit à faire jouer sa partition personnelle : « à gauche des socialistes », et raison à François Hollande bien que ce dernier en devenant arbitre du PS se retirait de la course à la Place : A vaincre sans péril on triomphe toujours sans gloire. Dans une vie parallèle au parti, Lionel Jospin se distingua, juste ce qu’il fallait, de Laurent Fabius en appelant à voter « oui ».
La défaite du « oui » lors du référendum remettait les compteurs à zéro, et ramenait un peu d’humilité dans les rangs, car force était de constater que les Français en 2004 n’avaient pas tant voté pour les socialistes que contre ce que l’on nomme improprement et par raccourci de langage, le système. La meilleure des défenses étant l’attaque, c’est à ce moment que Ségolène Royal décida de passer à l’offensive. Elle se déclara prête à briguer l’investiture suprême tandis que tous s’étaient bien gardés de dire après quoi ils lorgnaient empêtrés dans les manœuvres d’appareil. Passant outre ces manigances, elle avait séduit l’opinion pris par surprise ceux qui se marquaient à la culotte tout en les condamnant à la laisser s’échapper.

2006 : Les places d’honneur
Le fils spirituel de Mitterrand (Laurent Fabius), le petit Brutus (Dominique Strauss-Khan), le candidat pour la gloire (Jack Lang) et le gentil organisateur (François Hollande) mis au rencart, Lionel Jospin se vit contraint à l’opération survie. Alors qu’il espérait être l’ultime recours que tous seraient venus chercher pour un retour sous les acclamations, il dût lui-même amorcer ce retour, batailler contre l’injustifiable, se démener contre toute logique, et même pleurer des larmes de crocodiles. Rien n’y fit.
Les voilà tous en cette fin d’année 2006 réunit pour l’élection interne au PS qui permettra de désigner l’occupant de la Place. Qui sera finalement candidat en interne ? Qui l’emportera ? Qui choisira d’être candidat sans l’aval du parti ?

Nous découvrirons la suite dans le prochain épisode de Candidate housewives.


Pourquoi ce titre, « vote (in)utile » ?

septembre 25, 2006

C’est un pied de nez à ceux qui invoquent, sous la forme d’ultime argument, le vote utile. Je trouve en effet, cette expression très maladroite dans la mesure où elle suggère une sorte de vote réflexe, mécanique, téléguidé, qui s’imposerait à tous, au diapason du prêt à penser.

Du coup et par réaction, je considère que l’utilité d’un vote serait plutôt d’être inutile.

Dans mon esprit et pour que les choses soient bien claires, un vote inutile n’est pas nécessairement un vote contestataire, un vote blanc ou une abstention.

Je crois simplement qu’un vote inutile est une opinion réfléchie, dégagée de toute contingence, et exprimée en son âme et conscience.

Ce blog « vote (in)utile » est ainsi un moyen de partager, par plaisir, mes réflexions et mes réactions inspirées par la campagne présidentielle. Pour être tout à fait franc, c’est aussi une manière d’éviter de ronchonner, de m’extasier, ou de ressasser seul dans mon coin ce qui se passera durant ces quelques mois de campagne.

Tout ça le plus inutilement possible, c’est-à-dire le plus engagé possible !