En attendant le vote inutile…

janvier 31, 2007

Nous connaissons au moins un angle de campagne des socialistes : Non au statut de ministre-candidat de Sarkozy!

Pas très glorieux mais ça débarrasse, doit-on se dire au Ps. En effet, le trouble est jeté sur une double fonction permettant à Sarkozy de s’adonner aux coups bas, tout en l’accusant de prévarication.

Après une enquête des RG sur un proche de Royal, voilà que nous apprenons, par le Canard enchaîné, qu’une autre enquête aurait été diligentée cette fois sur le patrimoine du couple Royal-Hollande, et ce, avant que le public découvre que le couple s’acquittait de l’Isf…

Vrai, pas vrai, là n’est pas mon propos. Jetons juste un oeil sur la gestion de crise de Sarkozy que j’ai commencé à évoquer dans un précédent billet :

 1 – Une opération de déstabilisation est lancée contre lui à propos du mélange des genres entre ministre et candidat.

2 – Une enquête RG aurait été commanditée sur un proche de Royal, afin de prouver que ce mélange des genres nuit au bon déroulement de la campagne et romprait l’égalité entre les candidats.

3 – Sarkozy, s’exprime en dénonçant de ridicules calomnies et ironise même sur une enquête plus utile sur le programme de Royal. Pas question d’aborder la question de la démission à ce moment, qui serait du plus mauvais effet auprès de l’opinion.

4 – Ce matin, sur Europe 1, il annonce qu’il quittera ses fonctions “un mois et demi avant le second tour” du scrutin présidentiel. Annonce, à froid, sans donner l’impression de céder à la pression.

5 – Le Ps et Royal devrait continuer d’interpeller l’opinion sur le sujet, et Sarkozy aura beau jeu de rappeler la règle “morale” qu’il s’est fixée.

A suivre…


Bayrou l’a rêvé en 2002, il le fait en 2007

janvier 30, 2007

De quoi s’agit-il? Du troisième homme bien sûr!

Il n’en finit plus de monter dans les sondages, voilà le nouveau leimotiv des instituts de sondages et des sondivores. Il serait à 14% d’intentions de vote, le Bayrou.

Comme Chevènement en 2002. La question est de savoir s’il va tenir, contrairement à Chevènement cette fois-ci.

Aujourd’hui, il n’est ni plus ni moins que le rebondissement de la campagne. Royal qui désespère et Sarkozy qui inquiète, voici Bayrou le bon équilibre… En réalité, il ne fait que témoigner du manque d’engouement des Français pour l’élection, non parce qu’ils ne croient plus dans la politique mais simplement parce qu’ils ne croient pas en ses thuriféraires (dont fait parti Bayrou).

L’histoire risque de se répéter. Un duel qui fatigue tout le monde, un troisième homme pour relancer le suspense, un quatrième en préparation (Bové) parce que nous sommes quand même cette fois à trois mois du premier tour de scrutin, un tassement des deux favoris et un finish serré entre 3 voire 4 candidats et une hypothétique surprise à 20 heures, le 22 avril. Car le véritable phénomène est la dispersion, l’éclatement, la ventilation des électeurs de plus en plus dubitatifs. 

Nous sommes tous des Raoul Volfoni !


Sarkozy : Démissionnera ou démissionnera pas ?

janvier 27, 2007

La rumeur enfle. Certains acteurs en viennent presque aux mains au Sénat. Le climat se tend autour de la question du ministre-candidat-Sarkozy. Peut-il cumuler les deux casquettes ?

Pour les uns (camp Royal) cela pose le problème de l’impartialité de l’Etat et au-delà de l’utilisation des moyens de l’Etat pour faire campagne. Evidemment, avec l’enquête des RG sur un proche de Royal, la question est mise en exergue et surtout offre une opportunité de déstabiliser Sarkozy et pourquoi pas de provoquer sa démission. Etape ultime dont le résultat serait catastrophique pour l’un et tout bénéfique pour l’autre. L’accusation de prévarication et de haute barbouzerie serait du plus mauvais effet aux yeux de l’opinion.

Pour les autres (camp Sarkozy), pris dans le maelström médiatique, l’affaire se corse. Ils ont beau nier, allumer des contre-feu, ironiser, le mal est fait puisque les médias ont leur simili scandale source d’audience. Toute la question est désormais de savoir si cela va durer, au risque d’anéantir les bons points du début de campagne dont une partie est déjà consommée.

Cela dit, la démission n’est pas une réponse envisageable. Elle serait assimilée à une démission pour faute, véritable aveu aux conséquences lourdes pour Sarkozy. Il devrait donc faire le gros dos afin que l’affaire se tasse. En revanche, l’orage passé et après avoir senti le vent du boulet passer près, son départ sera l’objet, à n’en pas douter, d’une prochaine réunion de la direction de campagne afin de l’envisager plus rapidement que prévu et en faire un événement positif, en tout cas perçu comme tel par l’opinion.

Une chose est sûre, la campagne ne démarre pas sous les meilleurs auspices. A défaut d’un débat projet contre projet, nous assistons à un échange de coups bas. Le danger pour les deux principaux candidats est de provoquer l’éparpillement de leurs électeurs et d’affaiblir très sérieusement leur résultat au premier tour aux conséquences surprenantes…


Voyage autour de la présidentielle (10)

janvier 24, 2007

Quitterie est euphorique, que dis-je toute l’Udf est euphorique. Bayrou, sondages après sondages, grapille petit à petit des intentions de vote. Il est vrai qu’il tient un langage rassurant “il n’est pas raisonnable de tout promettre aux Français” par opposition au slogan sarkozyste “ensemble, tout devient possible”.

J’ai la faiblesse de penser que les Français sont à la fois pas dupes de la démagogie sarkozyste et reconnaissant à ceux qui leur parlent en toute franchise des vrais problèmes, en particulier sur le plan politique.

Au passage, et un sondage le confirme, ce slogan “ensemble, tout devient possible” est indigne de la politique, inquiétant tellement il relève de la publicité à la mode Carrefour, souvenez-vous : ”Avec Carrefour je positive”. Une savonnette et un candidat à une élection ne sont pas identiques à l’inverse de ce que pense les communicants.

Revenons à Quitterie. En cette matinée neigeuse, elle est aux anges, des ailes lui poussent dans cette campagne s’il en était seulement besoin. Je dois reconnaître qu’elle est la première, des mes partisans que je sonde régulièrement dans ce Voyage, à afficher une telle mine réjouie. Serait-ce un signe ? La mayonnaise Bayrou commencerait-elle à prendre ?

Tandis que tous les candidats, quel qu’ils soient, avaient comme principe de base de ne jamais s’en prendre aux médias, lui a osé. Du coup, les médias eux-même, en ont fait une tartine se croyant immunisés. Au contraire, tout comme la justice, les médias en France suscitent beaucoup de scepticisme et son propos semble bénéficier d’un véritable écho dans l’opinion. D’ailleurs, on perçoit de l’agacement chez les journalistes politiques ces derniers temps quand il est question de Bayrou.

- Les Français sont en train d’en revenir de la bécassine socialiste et du big Jim Ump, me lance-t-elle.

- A-t-il seulement les moyens de tenir sur la durée ?

- Et les autres ? C’est d’ailleurs une des clés du scrutin cette capacité à battre la campagne pendant les trois mois qui nous sépare du premier tour. De cette “battue” les Français, j’en suis sûre, sauront distinguer le bon grain de l’ivraie.

- N’est-il pas un peu seul Bayrou justement pour tenir le rythme ?

- Crois-tu seulement en disant cela que les autres candidats sraient mieux entourés. Pas un soutien à forte notoriété à la candidate Ps comme à celui de l’Ump qui ne croit ou n’espère la réussite de leur poulain.

- C’est exagéré ce que tu dis là ! Tu négliges l’attrait qu’exerce les prébendes, dorures et autres vétilles du pouvoir sur ce petit monde.

- Je te rétorque aussi que tous occupés à se placer pour la suite, ils vont passer un certain temps à se débiner dans les entourages au lieu de faire campagne, laissant sur ce terrain leur candidat bien seul.

Quand nous nous quittons une éclaircie perce dans le ciel parisien, est-elle annonciatrice du printemps de Bayrou ?


78 ans et tous ses crocs

janvier 20, 2007

Le Pen, dans un style toujours aussi incisif, livre quelques votes (in)utiles : Sarkozy, champion de la manipulation médiatique, Royal surgeon de la mitterrandie, tous les deux quinquas dont trente de vie politique avec des responsabilités…

Il égratigne aussi les chiffres de la fécondité, en précisant qu’il s’agit d’accouchements de femmes habitants en France, et les anciens maos en recommandant un livre paru récemment dont le titre est “maos”.

78 ans tous ses crocs et cheval de retour ?

A voir…


Illusionisme et vote(in)utile

janvier 20, 2007

François Bayrou revient sur la formule magique “ensemble tout devient possible” de Sarkozy.

Voir la vidéo :


La campagne façon l’Oréal de Royal

janvier 20, 2007

Dimanche 14 janvier, Royal s’envoie une chopine avec les gars de la ferme.

Ah! elle est bien bonne celle la!”

Le mercredi 17 janvier, elle est à Toulon, joli port de pêche.

Parce que vous le valez tous bien!”

Le vendredi 19 janvier, elle défile à Roubaix, dans un ensemble rouge sur fond noir.

Amour, gloire et beauté… chez les corons

Juste avant, il y eut la photo souvenir en forme de pensum, mais pas possible à la candidate-qui-change-fort de couper à la promo de sa campagne :

A force de toujours devoir sourire, mes pommettes finiront sur mon front”

L’occasion de lancer cette phrase subliminale ”Socialisme du réel (…) qui répond aux problèmes du quotidien”.


La campagne façon Paris-Match de Sarkozy

janvier 20, 2007

Lundi 15 janvier, Sarkozy est au Mont Saint-Michel.

 ”Oh que c’est beau!”

“C’est un lieu magique qui fait partie des hauts lieux de la France” sous-entendu moi aussi je suis magique car je suis le candidat-tout-est-possible.

Le vendredi 20 janvier, le voilà à Millau, au viaduc toujours pour la photo :

 ”Que la campagne est belle !”

Après la photo, le poids des mots : “La France éternelle qui s’appuie sur ses racines et qui va vers l’avenir”, comprendre “je suis la candidat de la France car je suis le candidat-tout-est-possible”.


Voyage autour de la présidentielle (9)

janvier 18, 2007

Tandis que la polémique sur le patrimoine des candidats à la présidentielle enfle, je retrouvais ce matin Rachel.

Dans un style tout en négligé, voulu ou naturel je me le suis toujours demandé, Rachel arborait son éternel air enjoué.

Elle avait eu hier soir une réunion de section.

- Hier soir, lors de notre réunion de section, les camarades étaient offusqués des méthodes de Sarkozy et de son parti tout en se montrant interrogatifs sur la campagne de notre candidate, me dit-elle d’emblée.

- Finalement, ils sont le jouet de l’actualité véhiculée par les médias. J’aurai pourtant cru qu’ils décryptaient l’information qui leur était livrée en pâture, que des éléments de réaction vous étaient fournis pour contrecarrer l’effet nocif pour votre candidate.

- C’est aussi ce que je pensais. Au lieu de cela, on nous rassure, comme dans une réunion des alcooliques anonymes. “Non elle ne fraude pas le fisc, oui elle paye l’Isf et qu’elle considère cela normal puisque nous sommes pour l’Isf, tout cela n’est qu’une machination de Sarkozy aux méthodes plus que douteuses etc.” Et, quand un camarade s’interroge sur l’impact de cette campagne nauséeuse, on nous demande de garder notre sang froid car des coups bas comme celui-là, il y en aura d’autres durant la campagne. Et, quand un autre suggère de contre-attaquer, il voit sa démarche refroidit sous prétexte d’alimenter la rumeur hostile. Du coup, il propose d’allumer un contre-feu, sans suite. Retour à la campagne participative.

- Tu veux dire que la section est un bateau ivre, sans feuille de route de la direction de campagne ?

- J’en ai bien peur. Les camarades râlent à ce sujet, s’en prennent aux communicants qui, selon eux, cherchent à exclure les militants de la campagne.

- Que les communicants agissent de la sorte il n’y a rien de surprenant puisqu’ils sont habitués à travailler avec des entreprises, sur des procédés bien huilés, dans lesquelles n’interviennent pas des tiers comme les militants. En revanche, que les dirigeants politiques de la campagne n’intègrent pas les militants dans les actions entreprises, cela est plus surprenant.

- Les militants, en tout cas les plus anciens, les plus chevronnés en campagne électorale, le ressentent et s’en agacent. Par certains côtés, ils sont un peu caricaturaux et ont tendance à nous prendre de haut, nous les nouveaux arrivés.

- Et leur moral, comment est-il en ce moment ?

- Il y a une véritable inquiétude concernant la candidate et sa campagne. Les débats participatifs sont d’un ennuyeux contrairement à ce que j’entends de la part de nos dirigeants qui y voient un enthousiasme jamais vu à ce jour. Dans le meilleur des cas, on découvre des expériences et/ou des initiatives personnelles, certes intéressantes, mais dont on se demande bien le rapport avec un projet présidentiel.

- Demandez à l’Etat, car l’Etat peut tout pour vous. C’est la politique du “Y’a qu’à”. L’Etat est le docteur de nos maux de société ; Pour les SDF l’Etat n’a qu’à construire des logements, pour l’emploi l’Etat n’a qu’à créer des emplois aidés, pour la santé l’Etat n’a qu’à rendre gratuit les médicaments …

- Tu éxagères, l’Etat doit quand même jouer un rôle incitatif.

Rachel, avec sa sincère naïveté, est prête à constater l’état des choses mais de là à accepter un effort, elle préfère s’en remettre à l’Etat, c’est tellement plus simple. La vérité n’est pas toujours agréable à entendre alors on évoque l’injustice, le bien et le mal; quand c’est bien les individus en sont responsables, quand c’est mal, c’est l’Etat et donc les hommes politiques.

On peut craindre que cette campagne présidentielle soit une non-campagne, une campagne de faits divers provoquant beaucoup de déceptions au final. De toute façon, les candidats, enfermés dans leur stratégie de communication à base de sondages, refusent d’aborder les sujets qui fâchent au risque de décevoir. C’est ainsi que le vote utile entraînera, tôt ou tard, le vote inutile tout comme le “yes need the no to win” de Raffarin lors de la campagne du référendum sur la constitution européenne. 


Vote (in)utile or not vote (in)utile

janvier 17, 2007

Et si le 21 avril 2002 avait modifié le clivage traditionnel droite-gauche ?

En étant présent au second tour de la présidentielle en 2002, Le Pen n’aurait-il pas, à son corps défendant, fait apparaître un nouveau clivage dans le paysage politique français ?

En effet, il y aurait d’un côté le PS et l’UMP représentés par Royal et Sarkozy, d’une certaine manière les candidats du système et de l’autre côté, tous les autres candidats Le Pen, Villiers, Bayrou, Buffet, Laguiller, Besancenot contestant les deux premiers et se présentant comme les candidats opposés au système. D’où leur même angle à tous de campagne sur le favoritisme des médias (devenus les symboles du système) à l’égard de Royal et de Sarkozy. Tout comme Bayrou avait trouvé l’idée du troisième homme en 2002 n’a-t-il pas inventé cette fois-ci les anti-ségosarko ?

Ce nouveau clivage modifie du même coup la nature de la campagne présidentielle : l’enjeu essentiel devenant le premier tour et non plus, surtout pour le PS et l’UMP, le second. Et d’ailleurs, Sarkozy et Royal n’auraient-ils pas déjà anticipé cette évolution en faisant tout dans leur campagne pour éviter de finir derrière Le Pen ou un autre candidat, le fameux troisième homme ?

Quant aux autres, ils font tous du plagiat de Le Pen, ils sont tous hostiles aux deux partis qui “ont trompé les Français depuis 30 ans” ces Français qui ont bien raison de “voter leur ras le bol”.

Pour les candidats du système ils ont 45% à se partager (les voix du “oui” au référendum sur la constitution européenne) et les autres ont à se répartir les 55% de “non”.

Dans ce schéma, par simple calcul mathématique, il est fort probable que Royal ou Sarkozy virent tous les deux en tête à l’issue du premier tour, encore que la campagne puisse nous surprendre… ce nouveau clivage aidant.