Que des candidats de quat’ saisons

mars 31, 2007

Pas un pour rattrapper l’autre. Ils accumulent tous leurs propositions gadgets : les drapeaux français le 14 juillet à nos fenêtres, un 54è ministère, un référendum ici ou là etc.

Plutôt que de séduire ils agressent, au lieu de convaincre ils racolent selon l’arrivage de l’actualité du jour.

Pas un pour nous parler de la France, ce qu’elle a été, est et sera. Aucun ne parle du peuple français, ne le mobilise vers son avenir.

Y-en aurait-il au moins un avec des valeurs, des principes pour nous fédérer? Un programme qui ressemble à un projet d’avenir pour nous enthousiasmer?

Le seul vote inutile dans ces conditions c’est à dire véritablement engageant sera l’abstention. Plus elle sera forte, plus la légitimité de celui ou celle qui sera élu(e) sera faible le condamnant à changer cette manière absurde de pratiquer la politique.


Le Pen est candidat !

mars 14, 2007

Depuis 2002 tout avait été dit sur le compte de Le Pen. Trop vieux, trop fatigué, en mauvaise santé, has been, le coup de trop et puis de toute façon … il n’aurait pas ses 500 parrainnages d’élus.

C’était sûr, il ne serait pas candidat. Et, une nouvelle fois, nos augures se sont trompés, Le Pen est candidat. Ce qui pour autant ne veut pas dire, qu’il n’est pas trop vieux, trop fatigué, en mauvaise santé, has been et qu’il ne fasse pas le coup de trop, mais il a au moins obtenu ses parrainnages.

Pourtant, la réticence à le parrainner existait bel et bien du côté des élus. Comment a-t-il donc eu, à nouveau, ses signatures ? Sont-elles véritablement de son fait ou offertes par d’autres candidat qui verrait bien l’intérêt d’instrumentaliser le vote Le Pen?

Cela mériterait un peu d’investigation journalistique; j’oubliais que les journalistes politiques ne faisaient plus d’investigation trop occuper à dénoncer les blogs qui ne font pas de vrai journalisme (d’ailleurs, ce n’est pas ce qu’on recherche non plus!).

Toujours est-il que Le Pen entre en campagne. Et après le phénomène Bayrou qui ne peut que se dégonfler, arrive le vrai, le seul, l’unique toro anti-système.

Cette campagne sent de plus en plus l’oignon.

Ne sera-t-il pas inutile de voter plutôt que de voter inutile ?


Une campagne de pure forme

mars 2, 2007

(In)utile d’espérer encore un quelconque débat de fond durant cette campagne présidentielle.

Seul le débat de forme s’est engagé. Contentons-nous!

Sarkozy, après avoir cultivé son indépendance pendant quatre ans, revient sur tout ce qu’il a pu dire, si bien qu’un électeur n’y retrouverait pas son vote.

Royal, tout en évanescence,  n’attend qu’une seule chose le réflexe du vote utile, une sorte de vote de conscience. Il faut bien dire qu’en 2004, lors des élections régionales, cela a parfaitement fonctionné à la surprise générale  même au PS. Du coup, pas question de changer une campagne qui gagne.

Le Pen, parfaitement à son aise dans le débat démocratique -tout en renoncement - tel qu’il est pratiqué par nos élites, mise sur le vote déversoir; si déception il y a, au moins elle ne sera pas grande…

Bayrou, qui vient de mettre la main sur la pierre philosophale de la politique en démocratie, fait son “Le Pen” version modérée. Mais comme pour Le Pen, l’enjeu consiste à ne pas aller au bout : que pourrait-il bien faire de plus que les autres. L’avantage de la situation est de pouvoir jouer sans avoir les emmerdes du pouvoir.

Besancenot, Buffet, Laguiller, Bové, Voynet font campagne dans la campagne ; la course à l’échalote du vote anti-quelquechose. C’est à celui qui en récupérera la marque déposée.

Reste l’idiot (in)utile : Villiers. Après avoir couru après Le Pen pour faire comme Sarkozy croyant que cela marchait, le voilà attaquer en justice par Le Pen à propos des parrainnages de maire. Mon premier fou rire de campagne, à en pleurer et à se taper à n’en plus pouvoir sur les cuisses, est venu en le regardant prendre son air indigné, quelque peu effarouché pour dire qu’il n’avait rien fait (personne n’en doutait cela dit au passage!) comme quoi il ne faut pas jouer avec plus malin que soi. On aurait dit le bedeau du village en campagne électorale.

Vraiment pas folichonne cette élection, pas de quoi rêver en tout cas! Ce vote (in)utile, je le sens de mieux en mieux


78 ans et tous ses crocs

janvier 20, 2007

Le Pen, dans un style toujours aussi incisif, livre quelques votes (in)utiles : Sarkozy, champion de la manipulation médiatique, Royal surgeon de la mitterrandie, tous les deux quinquas dont trente de vie politique avec des responsabilités…

Il égratigne aussi les chiffres de la fécondité, en précisant qu’il s’agit d’accouchements de femmes habitants en France, et les anciens maos en recommandant un livre paru récemment dont le titre est “maos”.

78 ans tous ses crocs et cheval de retour ?

A voir…


Vote (in)utile or not vote (in)utile

janvier 17, 2007

Et si le 21 avril 2002 avait modifié le clivage traditionnel droite-gauche ?

En étant présent au second tour de la présidentielle en 2002, Le Pen n’aurait-il pas, à son corps défendant, fait apparaître un nouveau clivage dans le paysage politique français ?

En effet, il y aurait d’un côté le PS et l’UMP représentés par Royal et Sarkozy, d’une certaine manière les candidats du système et de l’autre côté, tous les autres candidats Le Pen, Villiers, Bayrou, Buffet, Laguiller, Besancenot contestant les deux premiers et se présentant comme les candidats opposés au système. D’où leur même angle à tous de campagne sur le favoritisme des médias (devenus les symboles du système) à l’égard de Royal et de Sarkozy. Tout comme Bayrou avait trouvé l’idée du troisième homme en 2002 n’a-t-il pas inventé cette fois-ci les anti-ségosarko ?

Ce nouveau clivage modifie du même coup la nature de la campagne présidentielle : l’enjeu essentiel devenant le premier tour et non plus, surtout pour le PS et l’UMP, le second. Et d’ailleurs, Sarkozy et Royal n’auraient-ils pas déjà anticipé cette évolution en faisant tout dans leur campagne pour éviter de finir derrière Le Pen ou un autre candidat, le fameux troisième homme ?

Quant aux autres, ils font tous du plagiat de Le Pen, ils sont tous hostiles aux deux partis qui “ont trompé les Français depuis 30 ans” ces Français qui ont bien raison de “voter leur ras le bol”.

Pour les candidats du système ils ont 45% à se partager (les voix du “oui” au référendum sur la constitution européenne) et les autres ont à se répartir les 55% de “non”.

Dans ce schéma, par simple calcul mathématique, il est fort probable que Royal ou Sarkozy virent tous les deux en tête à l’issue du premier tour, encore que la campagne puisse nous surprendre… ce nouveau clivage aidant.


Le vote (r)utile

janvier 16, 2007

 


Hollande et l’augmentation des impôts

janvier 12, 2007

François Hollande fait une annonce sur la fiscalité. Il en ressort qu’il souhaite, en cas d’élection de Ségolène Royal, augmenter les impôts.

Aussitôt, l’Ump dénonce cette atteinte au portefeuille des contribuables. Plus étonnant, Royal prend ses distances avec cette proposition.

En réalité, Hollande est dans son registre. Il s’attaque à la droite et se pose en ardent défenseur de la cause sociale-gauchiste tandis que Royal, plus modérée, pondère les options “à gauche toute”.

A eux deux, ils couvrent une spectre plus large d’opinion donc d’électeurs; plutôt habile comme répartition des tâches.

La méthode est celle de Sarkozy qui, lui, essaie de chasser sur les terres du Front national, s’affirme de droite (plutôt libérale) et reprend à son compte des propositions socialistes (la double peine). Son problème est sans doute qu’il fait tout, tout seul au risque de se brouiller aux yeux de ces différents électeurs “dragués”.

Bref, Sarkozy dispose d’un parti mais personne y joue, comme pour Royal, le rôle d’Hollande.

Ceci dit, tout cela n’en demeure pas moins être des postures qui ressemblent assez peu à des convictions profondes poursuivant une vision d’ensemble.


Voyage autour de la présidentielle (6)

janvier 6, 2007

Il est tôt ce matin quand je retrouve Rémi à la brasserie Le Danton à Saint Germain des prés. Nous venons de commander chacun un café. Rémi, qui me connaît bien, me regarde avec un air rieur.

- Pourquoi cet air amusé, Rémi ?

- Parce que je sais d’avance sur quoi tu vas m’entreprendre.

- Le Pen affirme qu’il est de centre-droit; alors forcément!

- Il a ajouté, comme tout l’échiquier politique se déportait à gauche, sa position initiale de centre droit, qui n’a jamais varié, le positionne aujourd’hui à l’extrême droite.

- Avoue que c’est un peu tortueux comme développement. Certes, tout est toujours relatif, mais ne s’agit-il pas d’une tactique, en s’achetant une sorte de virginité ?

- Je crois que la dédiabolisation de Le Pen depuis 2002, autrement dit, la lepenisation des esprits, lui permet de s’étendre électoralement en captant de nouveaux électorats.

- Mais ne perd-il pas toute sa spécificité, le vote en guise de pied de nez ?

- Je vais plus loin dans ton sens, ne prépare-t-il pas sa succession en assurant le passage de témoin à sa fille lui permettant de jouer un rôle d’influence dans les années à venir ?

- Cela se tient en effet. Mais cela veut aussi dire qu’il met sa fille en position de passer des accords politiques avec les autres partis de droite. Dans ce cas, le Front national abandonne des pans entiers de son corps doctrinal.

- Il est vrai que le passage est escarpé : Tenter de faire partie à l’avenir du jeu politique sans perdre sa nature, son identité. Toujours est-il qu’une chose est sûre, la stratégie Pasqua de 1988 ou celle de Sarkozy en ce moment, qui consiste à faire revenir des électeurs, soi-disant égarés, ne marche pas. La seule solution serait de passer des accords comme ce fut le cas entre l’Udf et le Rpr pendant des années. Je pense qu’une partie de l’opinion est prête et l’adoucissement des moeurs du père grâce à la fille peut le favoriser. Sans doute un des enjeux de l’ère post Le Pen – Chirac.


Voyage autour de la présidentielle (5)

décembre 29, 2006

L’inscription sur les listes électorales

Le feuilleton de cette fin d’année est l’inscription de nouveaux électeurs sur les listes électorales.

La part belle est faite aux inscriptions, sans doute très symboliques, dans les “cités”. Si pour les médias le sujet permet de mobiliser de l’audience pour leur événement de l’année, après la coupe du monde de football de l’année dernière, pour Stéphane, Rachel, Quitterie, Olivier et Rémi cela provoque des réactions en forme, le plus souvent, d’auto persuasion.

Pour Stéphane, tous ces jeunes de banlieues qui “affluent” vers les mairies, est la traduction d’un ras le bol social et d’une “étatphobie” qui produit de l’exclusion. Dans l’esprit de Stéphane, il ne fait pas de doute que ces nouveaux électeurs porteront des bulletins de gauche et, leur révolte est telle, que l’extrême gauche se taillera la part du lion.

Pour Rachel, ces chiffres sont une excellente nouvelle. Il est vrai que Rachel est persuadée de l’influence de Royal sur ces inscriptions, à la fois par sa campagne sur le terrain (largement médiatisée lors d’une virée d’un jour avec le chanteur Cali) et par l’espoir qu’elle suscite. Inconsciement, comme Stéphane, elle considère évident que ces nouveaux électeurs seront favorables à la gauche selon une mécanique classique et assez simple : ce sont les exclus de la droite – couleur de peau et chômage élevé - qui naturellement penchent vers la gauche beaucoup plus tolérante, juste, accueillante etc. conformément à leur pétition de vertu.

Pour Quitterie, qui intellectualise davantage cette démarche d’inscription, ces inscriptions sont un signe d’intérêt pour la politique et donc un premier pas vers la démocratie et l’intégration. Sa naïveté traduit une incompréhension envers ces citoyens d’un genre à part.

Pour Olivier, il s’agit d’une véritable manipulation médiatique qui sert les intérêts électoraux de Royal. Implicitement, comme pour Stéphane et Rachel, il suppose que ces nouveaux électeurs voteront à gauche. Cependant, sensible aux images montrant son leader en compagnie des jeunes beurs d’Argenteuil, Olivier croit en une frange électorale de ces quartiers, dits difficiles, soucieuse d’un retour à l’ordre.

Enfin, Rémi tient un raisonnement positif à base de réaction dont l’effet est provoqué par la “propagande médiatique”. Cette propagande crée un réflexe de survie dans l’électorat français qui va se mobiliser autour de Le Pen.  Par ailleurs, il est fort probable que parmi les inscrits, il y ait des français plus modestes qui espèrent être “secourus” de leurs ilôts de non droit.

Ces impressions sont riches d’enseignements sur la psychologie des sympathisants des différents candidats. Tout d’abord, pour Sarkozy et Royal, leurs apparitions médiatiques fonctionnent auprès de leur soutien qui se rassurent. Pour Besancenot et Le Pen le phénomène de rejet demeure leur principal moteur d’adhésion. Mais tous considèrent qu’il s’agit d’un événement de campagne car pas un n’émet l’hypothèse d’une forte abstention chez ces nouveaux inscits sur les listes électorales.

Cependant, la sérénité ne semble pas de mise chez les candidats eux-mêmes, qui se sont montrés, à ce jour, silencieux sur le sujet.


Les instituts de sondage et le casse-tête Le Pen

décembre 26, 2006

Le vote Le Pen, c’est comme l’effet impulse c’est les autres qui en parlent le mieux en quelque sorte.

En la matière, les instituts de sondage redoublent d’analyses coruscantes. On ne peut être que subjugué par autant de netteté dans la perception. Récemment, Brice Teinturier, émerite directeur d’institut de sondage, véritable psychologue des élus et des candidats, a livré de nouveaux enseignements sur l’effet Le Pen.

Premier enseignement, les idées de l’extrême droite ne progressent pas dans l’esprit des gens (ouf!). Deuxième enseignement, Le Pen progresse sur des idées qui jusque là n’étaient pas les siennes (grand ouf! bah oui ça veut dire que Le Pen reprend les idées des autres parce qu’elles sont bonnes…). Troisième enseignement, Le Pen a beau élargir son spectre idéologique cela ne se traduit pas en intention de vote (énorme ouf! il ne sera jamais élu).

Ils sont vraiment formidables ces messieurs des instituts de sondage ; Le Pen n’est pas un danger pour la présidentielle, encore moins pour les législatives qui suivent, alors à quoi bon s’affoler !

En somme, dormons tranquille, Le Pen président c’est pas pour demain, les instituts de sondage veillent…