Voyage autour de la présidentielle (10)

janvier 24, 2007

Quitterie est euphorique, que dis-je toute l’Udf est euphorique. Bayrou, sondages après sondages, grapille petit à petit des intentions de vote. Il est vrai qu’il tient un langage rassurant “il n’est pas raisonnable de tout promettre aux Français” par opposition au slogan sarkozyste “ensemble, tout devient possible”.

J’ai la faiblesse de penser que les Français sont à la fois pas dupes de la démagogie sarkozyste et reconnaissant à ceux qui leur parlent en toute franchise des vrais problèmes, en particulier sur le plan politique.

Au passage, et un sondage le confirme, ce slogan “ensemble, tout devient possible” est indigne de la politique, inquiétant tellement il relève de la publicité à la mode Carrefour, souvenez-vous : ”Avec Carrefour je positive”. Une savonnette et un candidat à une élection ne sont pas identiques à l’inverse de ce que pense les communicants.

Revenons à Quitterie. En cette matinée neigeuse, elle est aux anges, des ailes lui poussent dans cette campagne s’il en était seulement besoin. Je dois reconnaître qu’elle est la première, des mes partisans que je sonde régulièrement dans ce Voyage, à afficher une telle mine réjouie. Serait-ce un signe ? La mayonnaise Bayrou commencerait-elle à prendre ?

Tandis que tous les candidats, quel qu’ils soient, avaient comme principe de base de ne jamais s’en prendre aux médias, lui a osé. Du coup, les médias eux-même, en ont fait une tartine se croyant immunisés. Au contraire, tout comme la justice, les médias en France suscitent beaucoup de scepticisme et son propos semble bénéficier d’un véritable écho dans l’opinion. D’ailleurs, on perçoit de l’agacement chez les journalistes politiques ces derniers temps quand il est question de Bayrou.

- Les Français sont en train d’en revenir de la bécassine socialiste et du big Jim Ump, me lance-t-elle.

- A-t-il seulement les moyens de tenir sur la durée ?

- Et les autres ? C’est d’ailleurs une des clés du scrutin cette capacité à battre la campagne pendant les trois mois qui nous sépare du premier tour. De cette “battue” les Français, j’en suis sûre, sauront distinguer le bon grain de l’ivraie.

- N’est-il pas un peu seul Bayrou justement pour tenir le rythme ?

- Crois-tu seulement en disant cela que les autres candidats sraient mieux entourés. Pas un soutien à forte notoriété à la candidate Ps comme à celui de l’Ump qui ne croit ou n’espère la réussite de leur poulain.

- C’est exagéré ce que tu dis là ! Tu négliges l’attrait qu’exerce les prébendes, dorures et autres vétilles du pouvoir sur ce petit monde.

- Je te rétorque aussi que tous occupés à se placer pour la suite, ils vont passer un certain temps à se débiner dans les entourages au lieu de faire campagne, laissant sur ce terrain leur candidat bien seul.

Quand nous nous quittons une éclaircie perce dans le ciel parisien, est-elle annonciatrice du printemps de Bayrou ?


78 ans et tous ses crocs

janvier 20, 2007

Le Pen, dans un style toujours aussi incisif, livre quelques votes (in)utiles : Sarkozy, champion de la manipulation médiatique, Royal surgeon de la mitterrandie, tous les deux quinquas dont trente de vie politique avec des responsabilités…

Il égratigne aussi les chiffres de la fécondité, en précisant qu’il s’agit d’accouchements de femmes habitants en France, et les anciens maos en recommandant un livre paru récemment dont le titre est “maos”.

78 ans tous ses crocs et cheval de retour ?

A voir…


La campagne façon l’Oréal de Royal

janvier 20, 2007

Dimanche 14 janvier, Royal s’envoie une chopine avec les gars de la ferme.

Ah! elle est bien bonne celle la!”

Le mercredi 17 janvier, elle est à Toulon, joli port de pêche.

Parce que vous le valez tous bien!”

Le vendredi 19 janvier, elle défile à Roubaix, dans un ensemble rouge sur fond noir.

Amour, gloire et beauté… chez les corons

Juste avant, il y eut la photo souvenir en forme de pensum, mais pas possible à la candidate-qui-change-fort de couper à la promo de sa campagne :

A force de toujours devoir sourire, mes pommettes finiront sur mon front”

L’occasion de lancer cette phrase subliminale ”Socialisme du réel (…) qui répond aux problèmes du quotidien”.


La campagne façon Paris-Match de Sarkozy

janvier 20, 2007

Lundi 15 janvier, Sarkozy est au Mont Saint-Michel.

 ”Oh que c’est beau!”

“C’est un lieu magique qui fait partie des hauts lieux de la France” sous-entendu moi aussi je suis magique car je suis le candidat-tout-est-possible.

Le vendredi 20 janvier, le voilà à Millau, au viaduc toujours pour la photo :

 ”Que la campagne est belle !”

Après la photo, le poids des mots : “La France éternelle qui s’appuie sur ses racines et qui va vers l’avenir”, comprendre “je suis la candidat de la France car je suis le candidat-tout-est-possible”.


Voyage autour de la présidentielle (6)

janvier 6, 2007

Il est tôt ce matin quand je retrouve Rémi à la brasserie Le Danton à Saint Germain des prés. Nous venons de commander chacun un café. Rémi, qui me connaît bien, me regarde avec un air rieur.

- Pourquoi cet air amusé, Rémi ?

- Parce que je sais d’avance sur quoi tu vas m’entreprendre.

- Le Pen affirme qu’il est de centre-droit; alors forcément!

- Il a ajouté, comme tout l’échiquier politique se déportait à gauche, sa position initiale de centre droit, qui n’a jamais varié, le positionne aujourd’hui à l’extrême droite.

- Avoue que c’est un peu tortueux comme développement. Certes, tout est toujours relatif, mais ne s’agit-il pas d’une tactique, en s’achetant une sorte de virginité ?

- Je crois que la dédiabolisation de Le Pen depuis 2002, autrement dit, la lepenisation des esprits, lui permet de s’étendre électoralement en captant de nouveaux électorats.

- Mais ne perd-il pas toute sa spécificité, le vote en guise de pied de nez ?

- Je vais plus loin dans ton sens, ne prépare-t-il pas sa succession en assurant le passage de témoin à sa fille lui permettant de jouer un rôle d’influence dans les années à venir ?

- Cela se tient en effet. Mais cela veut aussi dire qu’il met sa fille en position de passer des accords politiques avec les autres partis de droite. Dans ce cas, le Front national abandonne des pans entiers de son corps doctrinal.

- Il est vrai que le passage est escarpé : Tenter de faire partie à l’avenir du jeu politique sans perdre sa nature, son identité. Toujours est-il qu’une chose est sûre, la stratégie Pasqua de 1988 ou celle de Sarkozy en ce moment, qui consiste à faire revenir des électeurs, soi-disant égarés, ne marche pas. La seule solution serait de passer des accords comme ce fut le cas entre l’Udf et le Rpr pendant des années. Je pense qu’une partie de l’opinion est prête et l’adoucissement des moeurs du père grâce à la fille peut le favoriser. Sans doute un des enjeux de l’ère post Le Pen – Chirac.


Voeux de Jacques Chirac : Entre esquisse de bilan et plan sur la comète

janvier 1, 2007

“Soyons nous-même” a-t-il lancé presqu’en conclusion de son allocution aux Français. Auparavant, il a rappelé en filigrane de son propos ce qui compte pour la France sur la scène internationale et pour les Français en matière de protection dans un contexte mondialisé. Il en a profité pour mettre en garde contre les “vieilles recettes” douteuses et les tentations mirifiques.

Comme il a aussi dit qu’il s’engagerait pleinement à l’occasion de la présidentielle, Jacques Chirac a semblé dresser les grandes lignes de sa Politique – au sens noble du terme – passée et probablement à venir pour la France.

Une chose est sûre, ce rappel aux Français d’être soi-même en dit long sur ce qu’il pense des projets ou absence de projet des candidats actuellement en lices, et traduit finalement très bien l’inquiétude des Français sur le caractère aventureux des candidatures qu’ils leur sont proposées.


Alliot-Marie sur un air de t’y vas ou t’y vas pas

décembre 28, 2006

Notre ministre de la Défense fait preuve de tergiversations en ce moment.
Après avoir renoncé au principe gaulliste d’une candidature : “la rencontre entre un homme et le peuple” en acceptant le débat à l’intérieur de l’Ump et une éventuelle candidature, la voilà faisant machine arrière toute.

En effet, elle vient d’annoncer qu’elle ne serait pas candidate à l’investiture de l’Ump qui n’est, pour elle, rien d’autre qu’un soutien logistique et financier.

Les idées ne se monnayent pas chez les Alliot-Marie-Ollier qui vont réfléchir ensemble à la programmation ou non d’une prochaine rencontre avec le peuple… Ce n’est pas une décision qui se prend à la légère. Il faut réfléchir au jour, à l’heure, au lieu. Sont à prévoir l’envoi des invitations, la robe que portera Michèle, le plan de table, le menu… bah oui ! la rencontre entre une femme et le peuple répond à des logiques toutes différentes.

La Alliot-Marie et son Ollier y vont mettre les petits plats dans les grands… si ça se fait.


Voyage autour de la présidentielle (4)

décembre 28, 2006

L’aumône faite aux SDF

Ce matin, j’avais donné rendez-vous à Olivier au parc de Monceaux. J’ai, en effet, imaginé d’attribuer à chacun un parc parisien dans lequel nous nous retrouverions régulièrement pour évoquer la présidentielle. Cet exercice fut agréé par tous.  Olivier fût celui qui l’inaugurât.

Avec Olivier, nous avions fréquenté les mêmes bancs de l’université, qu’il avait ensuite quitté pour suivre le cursus d’une école de commerce. Récemment, lors d’un dîner chez des amis nous nous étions revus, il faisait de l’audit financier pour un groupe au nom anglophone. A cette occasion, il m’avait appris son adhésion à l’Ump et surtout à Sarkozy. Selon lui, Sarkozy était le seul à avoir parfaitement intégré les règles régissant le monde actuel, celles d’un marché mondial. Jusque dans sa façon de communiquer, il montrait cette adaptation d’un homme politique résolument tourné vers l’avenir. Le mot était lâché : l’Avenir. Faisons table rase du passé, aveuglons-nous d’avenir !

Dans son métier, il semblait jouer aux dominos avec le capital des sociétés; il les préparait à l’Avenir sans doute.

Ce matin-là, dès l’entrée principale du parc, je l’entrepris sur la place faite aux SDF dans l’actualité. Un camp de réfugiés, sous tentes à l’enseigne de Médecins du monde, s’était dressé le long du canal Saint Martin. L’initiative en revenait, semble-t-il à une association “les enfants de Don Quichotte”, qui faisait dormir sous ces tentes des personnes ayant un domicile afin d’alerter les “pouvoirs publics”, cette nouvelle police secours, sur cette ignominieuse situation. L’opération était plus visuelle, plus marquante pour les esprits, que de proposer aux SDF un hébergement chez soi.

Ainsi l’image s’étalant au journal de vingt heures, Sarkozy, rompu aux techniques de communication, annonça, sans coup férir, que s’il était élu, sous deux ans, les SDF auraient tous un toit. Et, depuis hier, il avait chargé le sémillant Klarsfeld d’une mission sur le logement dans notre pays. Celui-ci s’empressa d’aller passer une nuit dans un centre d’hébergement de la région parisienne où il put constater qu’on n’y attrapait pas la gale… l’histoire ne relevant pas (encore) s’il était accompagné de télévisions et de photographes.

- Olivier, crois-tu qu’il suffise de tendre la main au peuple du vingt heures pour que cela rapporte les gros sous de la popularité ?

- Que veux-tu, il est bien obligé de contenter le plus grand nombre n’est-ce pas là le secret d’une élection au suffrage universel ? De plus, on ne peut pas lui reprocher d’être fidèle à son image d’homme d’action qui prend les problèmes à bras le corps et qui cherche à les régler.

- C’est bien là où je voulais t’emmener. Qui trop embrasse mal étreint dit l’adage. A force de trop en faire, ses idées apparaissent-elles pas comme au seul service de sa méthode, devenue l’alpha et l’oméga de sa politique faite d’oscillations contradictoires?

- Si tu veux dire par là que je risque d’être déçu, je te le dis tout net, ce risque je suis prêt à le prendre. De toute manière, les autres sont bien pires encore. Te connaissant, tu vas ajouter que mon choix est pris par défaut. Et tu as raison. Mais alors renversons les rôles, que me conseilles-tu ?

- Je reconnais que j’ai la part belle en étant observateur mais, sans tomber dans la sémantique, loin de moi l’idée de monter à cheval pour livrer un combat qui n’existe pas en réalité, c’est toi le premier qui m’a entrepris sur Sarkozy lors de ce dîner ; Permets-moi donc de continuer d’occuper mon promontoir.

Je reconnaissais la sincérité et l’honnêteté d’Olivier dans cet exercice. Il n’était pas aisé d’être un sympathisant politique de nos jours. C’était toujours les habits du mauvais rôle qu’il fallait endosser. En même temps, n’était-il pas les dupes d’un non-choix à faire ce qui compliquait singulièrement leur engagement sous lequel le sol se dérobe. Cette actualité sur les SDF en est un bon exemple. Un candidat dit “libéral” qui vole au secours de la pauvreté. Pourquoi pas? Mais à ce moment là, il ne faut pas comencer par dénigrer le modèle social auquel il se raccroche ensuite.

Le problème est que, lui comme les autres candidats, semblent nous cacher la vérité. Leur numéro de prestidigitation ne trompe personne.

Je relançai Olivier sur des généralités : Que penses-tu de ce début de campagne ?

- Royal ne parle toujours pas, c’est Hollande qui le fait pour elle ; c’est un comble. L’extrême gauche apparaît divisée et donc peu menaçante pour Royal encore que. Bayrou joue les pertubateurs, ou plutôt tente de jouer les pertubateurs. Quant à Le Pen, c’est un spectre sur ce tableau. Dans tout ça, je pense que Sarkozy est le plus affûté; meilleur candidat que Royal, plus de relief que Bayrou, et rognant sur l’électorat de Le Pen. Reste à savoir ce que va faire Chirac, veut-il ou non sa perte ?

- Ce que tu me décris est de l’ordre de l’impression. Tout repose sur des perceptions, sur ce qu’on entend ou lit par médias interposés, ou est-ce que je me trompe ?

- Quelle est la part du réel ? Faible je te l’accorde, mais que peut-il se passer, que veut précisément l’électeur ?

- C’est effectivement une partie du problème “que veut l’électeur ?”. Quelque chose que ne peuvent sans doute pas lui apporter les candidats, qui réagissent avec l’opinion comme avec un enfant gâté. Mais est-ce seulement au peuple de dire ce qu’il veut ? Ne faudrait-il pas lui parler comme à une personne capable de comprendre les enjeux ? Cette société matérialiste n’est-elle pas en train de détruire l’Homme ? Je mets un “H” majuscule pour éviter de confondre mon propos avec les Hégeliens d’extrême gauche qui, eux, se mordent la queue en corrigeant la dérive matérialiste par du matérialisme.

- Notre civilisation pour subsister doit bien se défendre dans un monde où l’économie prévaut, fixe les règles du jeu. Pour conserver nos standards de vie, il est nécessaire de rester compétitif.

- Es-tu seulement sûr que nous puissions rivaliser sur le même terrain ? Ce terrain là, n’est-il pas justement celui qui conduit à notre perte, à la perte comme tu le dis de nos “standards” ? Si tu dis vrai alors deux ans sera juste le temps pour cacher de notre vue les SDF et assouvir notre conscience, mais nous n’aurons rien modifié quant à la misère.


Les instituts de sondage et le casse-tête Le Pen

décembre 26, 2006

Le vote Le Pen, c’est comme l’effet impulse c’est les autres qui en parlent le mieux en quelque sorte.

En la matière, les instituts de sondage redoublent d’analyses coruscantes. On ne peut être que subjugué par autant de netteté dans la perception. Récemment, Brice Teinturier, émerite directeur d’institut de sondage, véritable psychologue des élus et des candidats, a livré de nouveaux enseignements sur l’effet Le Pen.

Premier enseignement, les idées de l’extrême droite ne progressent pas dans l’esprit des gens (ouf!). Deuxième enseignement, Le Pen progresse sur des idées qui jusque là n’étaient pas les siennes (grand ouf! bah oui ça veut dire que Le Pen reprend les idées des autres parce qu’elles sont bonnes…). Troisième enseignement, Le Pen a beau élargir son spectre idéologique cela ne se traduit pas en intention de vote (énorme ouf! il ne sera jamais élu).

Ils sont vraiment formidables ces messieurs des instituts de sondage ; Le Pen n’est pas un danger pour la présidentielle, encore moins pour les législatives qui suivent, alors à quoi bon s’affoler !

En somme, dormons tranquille, Le Pen président c’est pas pour demain, les instituts de sondage veillent…


Non inscrits, votes blancs, abstentionnistes, votants tiers état démocratique

décembre 26, 2006

L’inscription sur les listes électorales : quelle belle affaire !

Avant chaque année électorale, nous assistons à la même sinécure, pour ne pas dire pantomine, qui consiste à inciter les gens à prendre leur carte d’électeur.

Ils seraient entre 2 et 5 millions à ne pas s’être inscrits sur les listes électorales. Alors bon an mal an, les mairies vont enregistrer quelques nouveaux électeurs pris d’un accès de civisme.

A cette occasion, tout le monde y va de sa partition citoyenne : politiques, journalistes, responsables associatifs etc. Très en vogue cette année, le “grand frère” du quartier qui explique qu’il faut voter pour changer le cours des choses; l’argument ultime qui finit par produire les futurs abstentionnistes…  

Enfin, si cela soulage les bonnes consciences de la démocratie, devenue participative, après tout !

En revanche, rien en ce qui concerne les dix millions de votes blancs et les abstentionnistes. N’intéressent-t-ils personne ? Sont-ils les perdus de la cause démocratique ?

Ils sont, eux, devenus la mauvaise conscience de la démocratie et de ses tenants. Et leur nombre ne cesse de croître… Sans que cela incite quiconque à s’adresser à eux. Pourquoi ?

Quant à ceux qui continuent de se rendre aux urnes un dimanche de printemps, qu’est-ce qui les y pousse ? Pour une bonne partie le plaisir de dire ”non”, de faire un pied de nez aux candidats. Quelle profonde motivation faut-il pour effectuer un geste d’apparence absurde, un vote(in)utile ?

Après cette réflexion, comment ne pas penser à ceux qui s’investissent dans les comités de salut électoral de Ségolène Royal, quelle future cruelle désillusion de placer ses espoirs dans un tel leurre.