Candidate housewives

Résumé des épisodes précédents

2003 : La Place à prendre
Après le « retrait » de la vie politique de Lionel Jospin en 2002, timidement la vie reprend au PS et l’appétit revient : la Place était à prendre.
Laurent Fabius l’illégitime successeur naturel fourbissait ses armes et tentait une opération séduction en jean’s et à moto dans Paris Match. François Hollande, jusque là intérimaire au poste de premier secrétaire du PS, se retrouvait en toute discrétion en première ligne. Dominique Strauss-Khan devenait le nouveau point d’ancrage de la génération Mitterrand qu’il avait rencontrée à la feue « pouponnière du PS » : la MNEF dont il avait été l’avocat. Quant à Jack Lang, il campait toujours à merveille son rôle de candidat à la candidature bardé de son indélébile fond de teint fin prêt à répondre aux sollicitations télévisuelles.

2004 : La Place des victoires
C’est alors qu’un grand malheur s’abattit sur tout ce petit monde en 2004 : une abominable victoire en forme de raz de marée électoral lors des élections régionales. Sur 22 régions, 20 étaient dorénavant présidées par les socialistes. L’électorat de gauche s’était mobilisé comme jamais. Pour beaucoup l’esprit de revanche avait soufflé après l’humiliation de la présidentielle apportant avec lui un maléfique courant d’air d’opportunisme : La Place fleurait bon la victoire. Gonflés d’ambition nos leaders socialistes plutôt intravertis ressortaient leur tunique d’extravertis. François Hollande fanfaronnait et criait victoire à l’arrière des troupes PS. Laurent Fabius y voyait un retour au bon vieux principe d’union des gauches, des coups de grisou à la biennale des antiquaires, quand Dominique Strauss-Khan se découvrait un destin national. Jack Lang retrouvait sa mine resplendissante sur les plateaux de télévision des soirées électorales. Même Lionel Jospin sortait sa botte de Nevers : son fameux droit d’inventaire estimant que cette victoire était un peu la sienne.

2005 : La Place Royal
Les stratégies s’ébranlaient, la pusillanimité en bandoulière. Une seule règle : Occuper ses positions sans commettre de faux pas, autrement dit, surtout ne pas perdre pour espérer gagner. François Hollande, en tant que premier secrétaire, se voyait pressé de donner la position du parti pour le futur référendum sur la constitution européenne, et d’aussitôt se réfugier derrière la consultation des adhérents. Chacun des ténors soutint le « oui » dans la campagne interne tandis que Laurent Fabius, ayant échoué à conquérir le parti au précédent congrès, tentait le tout pour le tout en s’enrôlant derrière le « non ». Comme souvent dans une lutte d’appareil, Laurent Fabius échoua à demi et François Hollande l’emporta à demi. Si les adhérents donnèrent à la fois tort à Laurent Fabius celui-ci réussit à faire jouer sa partition personnelle : « à gauche des socialistes », et raison à François Hollande bien que ce dernier en devenant arbitre du PS se retirait de la course à la Place : A vaincre sans péril on triomphe toujours sans gloire. Dans une vie parallèle au parti, Lionel Jospin se distingua, juste ce qu’il fallait, de Laurent Fabius en appelant à voter « oui ».
La défaite du « oui » lors du référendum remettait les compteurs à zéro, et ramenait un peu d’humilité dans les rangs, car force était de constater que les Français en 2004 n’avaient pas tant voté pour les socialistes que contre ce que l’on nomme improprement et par raccourci de langage, le système. La meilleure des défenses étant l’attaque, c’est à ce moment que Ségolène Royal décida de passer à l’offensive. Elle se déclara prête à briguer l’investiture suprême tandis que tous s’étaient bien gardés de dire après quoi ils lorgnaient empêtrés dans les manœuvres d’appareil. Passant outre ces manigances, elle avait séduit l’opinion pris par surprise ceux qui se marquaient à la culotte tout en les condamnant à la laisser s’échapper.

2006 : Les places d’honneur
Le fils spirituel de Mitterrand (Laurent Fabius), le petit Brutus (Dominique Strauss-Khan), le candidat pour la gloire (Jack Lang) et le gentil organisateur (François Hollande) mis au rencart, Lionel Jospin se vit contraint à l’opération survie. Alors qu’il espérait être l’ultime recours que tous seraient venus chercher pour un retour sous les acclamations, il dût lui-même amorcer ce retour, batailler contre l’injustifiable, se démener contre toute logique, et même pleurer des larmes de crocodiles. Rien n’y fit.
Les voilà tous en cette fin d’année 2006 réunit pour l’élection interne au PS qui permettra de désigner l’occupant de la Place. Qui sera finalement candidat en interne ? Qui l’emportera ? Qui choisira d’être candidat sans l’aval du parti ?

Nous découvrirons la suite dans le prochain épisode de Candidate housewives.

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