Les partisans du petit bonheur

La constitution française précise que les partis politiques concourent à l’expression du suffrage. Depuis les lois de financement des partis politiques la réciproque est aussi vraie : les suffrages concourent à l’existence des partis politiques.

Cette réciproque a son importance dès lors que se décide l’entrée en lice pour un parti d’un candidat à l’occasion de l’élection présidentielle. Rappelons que chaque voix en sa faveur, rapporte 1 euro 60 par an pendant 5 ans.

Cependant, si d’une certaine manière « voter finance les partis« , là ne réside pas toujours la seule motivation des partis à présenter son candidat. L’élection présidentielle est l’occasion pour les partis de bénéficier d’une véritable tribune médiatique pour se faire connaître dans la mesure où chaque candidat dispose d’un temps d’exposition médiatique équivalent.

Pour certains, une stratégie payante (au sens figuré) peut aussi être de ne pas présenter de candidat et négocier avec un autre parti une représentation au Parlement ou au sein d’un futur gouvernement.

Enfin, il y les « grands » partis qui, coûte que coûte, présentent un candidat qui fonde leur légitimité. Tout l’enjeu pour eux est de désigner ce candidat.

A partir de ces quatre « lois », il est possible de décrypter les stratégies choisies par les partis. Leur congrès qui se déroulent actuellement permet de mettre en scène leur position.

Prenons le cas du Parti Radical de Gauche. Ce parti qui compte 9 députés, tous « rattachés » au groupe socialiste de l’Assemblée nationale, a fait le choix ce week-end de ne pas présenter de candidat, préférant privilégier un accord avec le PS lors des législatives. Du coup, le PRG se fait en quelque sorte vassal du PS tout en se privant d’une présence médiatique importante. Cette même présence qui en 2002 avec Christiane Taubira lui permet aujourd’hui de négocier avec le PS. Qu’en sera-t-il dans cinq ans ?

Du côté du PCF, Marie-Georges Buffet réalise un véritable numéro d’équilibriste durant le week-end : Faire exister le PCF par une candidature (l’absence de candidat signifierait sa perte, déjà bien engagée avec ses 3,5% de 2002) et préserver les parlementaires du parti que seul un accord avec le PS pourrait permettre. D’où cette incompréhensible position qui consiste à dénoncer la vision social-libérale du PS pour occuper la gauche de la gauche tout en se montrant prêt à gouverner avec le PS s’il le faut pour sauver la vingtaine de députés PCF… C’est la mort dans l’urne annoncée !

Et ainsi de suite. Pour Lutte ouvrière et la Ligue communiste révolutionnaire pas question de se priver de la manne financière et de la tribune médiatique. Pour l’UDF, d’abord les finances et la tribune ensuite il sera toujours temps de négocier avec l’UMP…
 

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