Nicolas Sarkozy brûle-t-il ?

novembre 30, 2006

Nicolas Sarkozy a annoncé sa candidature à la présidence de la République de manière réussie bien que sans surprise.
N’aurait-il pas été plus judicieux et surprenant pour lui, de la susciter par les adhérents de l’UMP? Ne leur martèle-t-il pas, depuis son accession à la présidence de l’UMP, qu’ils choisiront leur candidat? Ne risque-t-il pas de les démobiliser en brouillant cette annonce avec le congrès de désignation du candidat du 14 janvier ?

Peut-être aurait-il pu davantage les associer afin de ne pas générer chez eux trop d’amertume, laquelle commence à poindre nettement si l’on en juge la participation au scrutin de « validation » du projet législatif (tout juste 50%) ?
Il est à craindre que l’organisation, à l’emporte-pièce, d’une primaire avec Michèle Alliot-Marie, ne suscite pas plus de piment que cela pour les entraîner dans sa joute présidentielle.

Finalement, la vraie surprise de cette annonce est de laisser transparaître autant de tergiversations, signe sans doute d’une grande fébrilité, à l’aune de la campagne présidentielle.
Quant aux chiraquiens, s’ils ont bons dos, inutile de les accabler d’une croix supplémentaire puisqu’ils se rallient tous (Juppé, Raffarin, Alliot-Marie, etc.) à la candidature unique de l’UMP, c’est à dire la sienne, car on ne voit vraiment pas comment elle peut lui échapper.

Publicités

Surprise : Nicolas Sarkozy est candidat !

novembre 29, 2006

Nicolas Sarkozy a choisi la presse écrite régionale pour annoncer sa candidature à l’Elysée. Demain, chaque quotidien régional arborera donc le même titre. Insatiable, il lui fallait tous les titres en même temps.

Un embargo jusqu’à 2 heures du matin a été décidé sur l’entretien qu’il a donné aujourd’hui à 5 directeurs de presse régionale au siège de l’UMP à Paris. Libération.fr en a obtenu une copie « pirate ».


Candidate housewives (8)

novembre 28, 2006

Les mêmes causes produisent-elles les mêmes effets ?

Ne pas recommencer les erreurs de la campagne de Lionel Jospin en 2002 est devenue l’antienne du parti socialiste ces derniers jours.
Quelles étaient donc ces erreurs qui lui coûtèrent au final 1% des suffrages et qui semblent tétaniser le PS ?
A lire Jean Glavany ou Pierre Moscovici qui dirigèrent la campagne de 2002, il est possible d’en identifier 2 principales :
1 – Ne pas faire deux structures de campagne (sous-entendu un siège de campagne et le parti), source de confusion
2 – Etre resté Premier ministre durant la campagne l’obligeant à se justifier plutôt qu’à proposer.
A priori, Ségolène Royal échappe de fait à la seconde erreur, en revanche, succombe à la première en installant son siège de campagne au parti tout en disposant d’une « antenne présidentielle ».

Est-ce pour autant rédhibitoire ?
Ce ne sont pas les deux structures en elle-même qui posent problème, mais plutôt les raisons qui contraignent la candidate socialiste à procéder ainsi.
Une seule structure démontre une véritable capacité de rassemblement. Or, durant les primaires elle fût obligée de donner des « signaux » à son parti, dont elle s’était émancipée, en annonçant qu’elle y installerait son siège de campagne.
Cette annonce suscitait deux questions essentielles ?
1 – Comment faire pour être candidate en rassemblant au-delà des seuls adhérents et sympathisants du parti socialiste ?
2 – L’organigramme du parti serait-il, de facto, celui de la campagne ?
A partir de ces deux questions (cruciales), nous touchons à la nature même du PS : Un parti composé de courants. Ultra uni pour l’extérieur mais cultivant jusqu’à l’exagération des différences internes.
Ainsi pour Ségolène Royal commence à apparaître les premie,rs écueils, identiques à ceux rencontrés par Lionel Jospin en 2002. Si jusque-là elle s’en était habilement affranchie elle doit désormais trouver à les concilier. En réalité, elle est confrontée à l’exercice de rassemblement que Nicolas Sarkozy a lui, raté. Exercice casse-tête pour les partis dits de « gouvernement » et qui fait pour partie la force des autres candidats.

Tout l’enjeu consiste donc, afin d’éviter les frictions inhérentes à deux structures, à sortir un organigramme de campagne mobilisateur et bien équilibré synonyme de bonne dynamique. Dans le cas contraire elle risque de se déliter au fur et à mesure de la campagne.

Reste à savoir si les comités « désirs d’avenir » et les fédérations PS peuvent cohabiter ensemble et si, la gestion des susceptibilités ne deviendra pas un handicap, par temps de campagne.

 


Candidate housewives (7)

novembre 26, 2006

Oint du chrème socialiste

Ségolène Royal a été investie aujourd’hui par son parti. Ce cérémonial d’investiture a clos la primaire d’inspiration américaine du PS. Comme son accolyte médiatique, Nicolas Sarkozy, les similitudes avec les Etats-Unis sont évidentes.
Pour autant, cette investiture relevait à la fois d’un couronnement (la voix de Léon Zitrone en moins) et d’une cérémonie socialiste (les « têtes » couronnées socialistes et étrangères présentant leurs hommages) à l’allure quelque peu désuète et à l’arrière-goût bizarre. On avait l’impression que le PS a joué pour de la fausse, comme disent les enfants, l’élection présidentielle. Comme si le plus dur était d’être élu(e) parmi les siens (ce que pense (plutôt pensait) sans doute Nicolas Sarkozy).
En fait ce sentiment « joué d’avance » qui se dégageait de cette journée, rappelle étrangement le duel Chirac-Jospin de 2002 et si, la « gauche de la gauche » était, comme « la droite de la droite », réunie dérrière un unique candidat alors la possibilité de vivre un « super 21 avril 2002 » deviendrait plausible : Les deux candidats des extrêmes au second tour.
En effet, il y a fort à parier que le vote utile devienne le seul argument de Ségolène Royal : vote utile contre un 21 avril et vote utile contre Nicolas Sarkozy. Ce dernier ayant visiblement opté pour la même stratégie à la petite semaine, faisant fi de l’après présidentielle et de l’exercice du pouvoir. Pourtant les attentes sont grandes et les enjeux d’importance.
Tout laisse croire que Royal et Sarkozy jouent à leur petit jeu de la présidentielle dans leur coin. Le réveil risque d’être douloureux. Et la France dans tout ça ?


Il était une fois un bureau politique à l’UMP

novembre 25, 2006

Réunion du bureau politique de l’UMP
envoyé par UDF

Un va et vient amusant et surtout Eric Woerth (à la fin) qui explique à sa façon l’unanimité (à ne pas rater!)


Vu sur les blogs des candidats

novembre 25, 2006

Chaque candidat (vraiment) susceptible de se présenter (sous réserve d’obtention des parrainnages de 500 édiles) dispose d’un blog ou d’un blog collectif.
Sur ces blogs s’échangent beaucoup d’impressions, quelques bons mots, un brin d’informations et très peu d’idées. Bref, les blogs des candidats sont très pauvres en regard de l’enjeu présidentiel. Ceci dit, laissons-leur trouver une place et un ton, ils peuvent prendre de la consistance tout au long de la campagne électorale qui n’a pas encore réellement commencé. Remarquons tout de même que les commentaires laissés traduisent et interpellent sur les « climats » dans l’opinion, au sein des partis, des courants de pensée…
En attendant et en plus d’une catégorie « petites phrases et bons mots », vote (in)utile s’enorgueillit d’ajouter une catégorie « vu sur les blogs des candidats » dont l’ambition est de sélectionner des billets apportant un petit « plus ».

Pour ce premier billet dans cette catégorie nous avons relevé :
Olivier Besancenot qui se fait chahuter sur la candidature unique de la « gauche anti-libérale ». Il apparaît clairement à la lecture des commentaires que la gauche est vraiment scindée en deux, reste à savoir dans quelle proportion.
Jean-Pierre Chevènement a le mérite de chercher à élever le débat avec des priorités et des chantiers… Existe-t-il pour Jean-Pierre Chevènement une troisième voie à gauche qui serait, plus anti-européenne qu’anti-libérale (la différence est-elle perceptible ?), plus nationale qu’internationale (cela ne recoupe-t-il pas le premier point ?), plus républicaine que sociétale (là est sans doute sa différence!).
A l’UDF, chassez le naturel il revient au galop. Après avoir mis dos à dos l’UMP et le PS, l’UDF, en invitant à une autre direction pour la France, laissait entrevoir un nouveau souffle de propositions. Au lieu de cela elle succomba au péché capital pour Vote(in)utile : L’UDF appelle, elle aussi, au vote utile mais du centre… A l’UMP, Roselyne Bachelot est podcastée ; Elle arrive déguisée en Barroso (!!!) au début et montre des signes de fatigue physique (elle est accoudée en permanence) et morale (elle semble lasse de tout ça).
Enfin, entre Ségolène Royal qui nous promet de « gravir la montagne » et Dominique Voynet, sur son affiche de pré-campagne, qui replace « l’écologie au cœur de nos vies », le vocabulaire biblique inspire …


Les petites phrases et autres bons mots

novembre 20, 2006

Elles sont l’humus des feuilletons politico-médiatiques. Le summum étant sans conteste le « off » que cultive avec jouissance le triumvirat journalistes-communicants-politiques, chacun essayant de le maîtriser au mieux.
Pierre angulaire de la vie politique, ayant réussi à ringardiser les valeurs et autres convictions, la petite phrase façonne les campagnes électorales; la recherche, le choix et la reprise du bon mot, celui qui fait mouche, est devenu le sel de la politique. La politique était auparavant affaire d’engagement, elle est dorénavant affaire d’image; ce qui compte est davantage ce qu’on dit plutôt que ce qu’on fait; le « phrasé » a pris le pas sur l’écrit.
Cependant, comme pour les convictions, ces bons mots et petites phrases ont plus ou moins d’impact et traduisent avec plus ou moins de bonheur des positions politiques. Dans Vote (in)utile nous proposons de publier régulièrement un florilège des plus « croustillants ».

Actuellement au PS, la ligne est clairement de se démarquer de l’échec de 2002 et de Jospin jugé trop condescendant; cela donne :
S. Royal  » La politique doit partir de la réalité de la vie des gens, être attentive aux leçons que le peuple donne », et « La France doit donner à chacun les moyens de prendre effectivement son existence en mains »
P. Menucci  » L’anti-campagne Jospin »

A l’extrême-gauche, il s’agit de se dégager un espace électoral:
J. Bové  » C’est un choix cohérent pour une campagne blairiste » à propos de la désignation de Ségolène Royal
C. Autain  » Ce mouvement de droitisation du PS ne nous réjouit pas car c’est une mauvaise nouvelle pour le peuple »
M. Gremetz  » Sarko court dérrière Le Pen et Ségo dérrière Sarko »
A. Laguiller  » Il s’agit de chasser la droite du pouvoir, ce qui dans les circonstances actuelles, ne pourra se faire qu’en ramenant la gauche aux affaires même si l’on sait qu’on n’a rien à en attendre »

A l’UMP, embarrassé par Ségolène Royal et en attendant une réaction plus appropriée, on féminise :
V. Pécresse  » La révolution féminine est également en marche à l’UMP. Ségolène Royal est une femme qui cache une forêt d’hommes. Nicolas Sarkozy, un homme qui cache une forêt de femmes ».