Le vote (f)utile

Qu’on se le dise, Sarkozy a changé. C’est lui qui nous l’assène ce qui à déjà valeur de changement…

Jusque là, Sarkozy c’était la rupture et la droite décomplexée. Autrement dit, la discrimination positive, le communautarisme, les USA, et plein d’autres caricatures encore, à la seule fin de se démarquer de Chirac et d’exister dans sa propre famille politique.

Toute la semaine qui a précédé son congrès d’investiture, il a soigneusement fait table rase de son passé. Un dossier spécial dans Le Parisien-Aujourd’hui en France lui a permis de faire tout l’inverse d’un Jospin (devenu l’anti-candidat avec son anti-campagne), c’est à dire évoquer, en toute transparence, les sujets le concernant susceptibles de resurgir en pleine campagne à son détriment suppose-t-il. Ainsi, et comme cela va toujours mieux en le disant, ou plus exactement cela s’évacue mieux en le disant soi-même, il évoque sa séparation avec Cécilia, son balladurisme et sa trahison, sa première épouse et donc son divorce, ses origines hongroises, et bien d’autres encore.

Et puis, tout au long de son discours, ce dimanche 14 janvier jour de son congrès d’investiture, il le dit tout net : « j’ai changé ».

C’est un peu sa psychanalyse en public. « Ca va mieux je l’ai dit, ce poids d’une vie à vouloir marcher sur tout le monde pour devenir Président ».

C’est aussi une façon de dire à tous ceux qui l’ont soutenu, « maintenant il faut que vous compreniez que je vais devoir faire sans vous, sans vos idées, je vais être moi », parce qu’avant il avait dû feinter son vrai lui…

Ensuite, vint le moment où il prend à son compte l’Histoire de France. Il nous fait voir qu’il connaît les Grands hommes qui ont fait la France, Saint Louis, Georges Mandel, De Gaulle, Edouard Balladur, Voltaire, Doc Gyneco etc.

Il a même une phrase lourde de sens : « Ils [des personnes à qui il rend hommage] m’ont enseigné, à moi petit français au sang mêlé, l’amour de la France et la fierté d’être Français ». Ce mot « enseigné », dans ce contexte, traduit son absence de ressenti de la France. Il ne parle pas de la France mais de sa France, celle politiquement correcte, celle en écho des sondages qui nourrisse son propos.

Il se cherche des raisons d’aimer la France à la manière des personnes d’une autre nationalité qui veulent expliquer leur attachement aussi louable soit-il. Kipling dans ses Souvenirs de France, plein de bonté, conclu par cette phrase « voilà quelques-unes de mes raisons d’aimer la France ».

Grâce à son propos, on comprend la mystique gaulliste qui évoque la rencontre entre un homme et le peuple. Cette mystique qui naturellement offre à un Homme d’incarner la France.

Et terriblement, probablement à son insu mais n’est pas Homme d’Etat qui veut, le fil de son discours se remet à opposer la France. La France de Pascal et de Voltaire, de l’Ancien régime et de la Révolution, de la Résistance et de la collaboration et ainsi de suite.

Il ne fait qu’imaginer une composition française, un peu à l’américaine celle des bons et des méchants, ceux qui travaillent et ceux qui assistent…

Cette France manichéenne, cette France de la discrimination positive n’est pas celle des siècles passés et celle des siècles à venir,  car cette France pour être France, La France ne doit son existence qu’à son unité, sa stabilité, son identité, sa nature multiple mais indivisible.

La France est Une et Indivisible.

Le reste, même si « tout devient possible » n’est que futilité.

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