Tout ça pour en arriver là !

mars 21, 2007

Chirac a fini par apporter son soutien à Nicolas Sarkozy. Plus d’une dizaine d’années de déchirements, rancoeurs, blâmes, trahisons, humiliations, déclarations etc. pour qu’un mois avant le premier tour de la présidentielle les ex amis-ennemis du RPR en arrivent là.

On peut se demander ce qui serait advenu si la hache de guerre avait été enterrée dès 95. M’enfin !

Aujourd’hui quel sens peut-on donner à ce soutien ? Baiser de Judas pour l’un, reconnaissance pour l’autre, allons savoir.

Toujours est-il que la campagne de Sarkozy ressemble à de l’enfilage de perles. Le collier sera fourni, mais ne risque-t-il pas d’être immettable ?

Finalement, Sarkozy se fait plaisir, se soulage, s’enorgueillit, se complaît, bref, il fait campagne pour lui. Il a tout simplement omis de faire campagne avec et pour la France et les Français. Son projet est froid, insensible, rien ne s’en dégage. A courir tous les lièvres à la fois on n’en attrappe aucun.

Mais ce soutien de Chirac, quand même ! Tandis que sa sortie de la scène politique pouvait être honorable, il ne peut s’empêcher de replonger. Capable du meilleur comme du pire pourrait être l’épitaphe de sa vie politique.

En somme, il n’a jamais su camper la fonction de Président de la République. Son goût pour le fangeux politicien lui a toujours fait perdre son âme. Dommage c’était sûrement un gars bien ce chichi !

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A campagne chiante, vote inutile

février 9, 2007

Jules Vallès parlait des écouteurs de portes, des fileurs d’actualité au sujet des journalistes.

Pas grand chose n’a changé, ceux là continuent de nous restituer l’écume de la campagne, composée à base de petites phrases interprétées au-delà de leur véritable signification. Ils ont ensuite beau jeu de nous dire que les candidats manquent de convictions; dans ce cas qu’ils l’écrivent qu’untel n’a aucun projet, qu’il transpire l’opportunisme, que les idées ne sont que des usurpations etc. Au lieu de cela, ils nous relatent des inepsies sans le moindre intérêt. Qu’avons-nous retenu de la semaine qui vient de s’écouler : Royal nous a ouvert les portes de son QG, boulevard Saint-Germain, Sarkozy prépare un déplacement à Argenteuil sur le lieu de son « crime contre la racaille », Bayrou se sent pousser des ailes, Le Pen piste ses parrainnages de maires, Bové n’ira pas en prison, etc.

Rien, néant, cette campagne est vide, sans intérêt et d’un chiant, mon vote sera, à n’en pas douter, totalement inutile.

Tous ces candidats sont des épouvantails à idées, des nuisibles dans la mesure où ils parviennent à nous gâcher l’ambiance générale.

Et pendant ce temps là Bernadette Chirac est l’invité de Drucker à l’émission Vivement dimanche

Espérons, à l’instar d’Hillary Clinton, qu’elle annonce sa candidature, on rigolerait bien!

Votez Bernadette!


Le vote (f)utile

janvier 15, 2007

Qu’on se le dise, Sarkozy a changé. C’est lui qui nous l’assène ce qui à déjà valeur de changement…

Jusque là, Sarkozy c’était la rupture et la droite décomplexée. Autrement dit, la discrimination positive, le communautarisme, les USA, et plein d’autres caricatures encore, à la seule fin de se démarquer de Chirac et d’exister dans sa propre famille politique.

Toute la semaine qui a précédé son congrès d’investiture, il a soigneusement fait table rase de son passé. Un dossier spécial dans Le Parisien-Aujourd’hui en France lui a permis de faire tout l’inverse d’un Jospin (devenu l’anti-candidat avec son anti-campagne), c’est à dire évoquer, en toute transparence, les sujets le concernant susceptibles de resurgir en pleine campagne à son détriment suppose-t-il. Ainsi, et comme cela va toujours mieux en le disant, ou plus exactement cela s’évacue mieux en le disant soi-même, il évoque sa séparation avec Cécilia, son balladurisme et sa trahison, sa première épouse et donc son divorce, ses origines hongroises, et bien d’autres encore.

Et puis, tout au long de son discours, ce dimanche 14 janvier jour de son congrès d’investiture, il le dit tout net : « j’ai changé ».

C’est un peu sa psychanalyse en public. « Ca va mieux je l’ai dit, ce poids d’une vie à vouloir marcher sur tout le monde pour devenir Président ».

C’est aussi une façon de dire à tous ceux qui l’ont soutenu, « maintenant il faut que vous compreniez que je vais devoir faire sans vous, sans vos idées, je vais être moi », parce qu’avant il avait dû feinter son vrai lui…

Ensuite, vint le moment où il prend à son compte l’Histoire de France. Il nous fait voir qu’il connaît les Grands hommes qui ont fait la France, Saint Louis, Georges Mandel, De Gaulle, Edouard Balladur, Voltaire, Doc Gyneco etc.

Il a même une phrase lourde de sens : « Ils [des personnes à qui il rend hommage] m’ont enseigné, à moi petit français au sang mêlé, l’amour de la France et la fierté d’être Français ». Ce mot « enseigné », dans ce contexte, traduit son absence de ressenti de la France. Il ne parle pas de la France mais de sa France, celle politiquement correcte, celle en écho des sondages qui nourrisse son propos.

Il se cherche des raisons d’aimer la France à la manière des personnes d’une autre nationalité qui veulent expliquer leur attachement aussi louable soit-il. Kipling dans ses Souvenirs de France, plein de bonté, conclu par cette phrase « voilà quelques-unes de mes raisons d’aimer la France ».

Grâce à son propos, on comprend la mystique gaulliste qui évoque la rencontre entre un homme et le peuple. Cette mystique qui naturellement offre à un Homme d’incarner la France.

Et terriblement, probablement à son insu mais n’est pas Homme d’Etat qui veut, le fil de son discours se remet à opposer la France. La France de Pascal et de Voltaire, de l’Ancien régime et de la Révolution, de la Résistance et de la collaboration et ainsi de suite.

Il ne fait qu’imaginer une composition française, un peu à l’américaine celle des bons et des méchants, ceux qui travaillent et ceux qui assistent…

Cette France manichéenne, cette France de la discrimination positive n’est pas celle des siècles passés et celle des siècles à venir,  car cette France pour être France, La France ne doit son existence qu’à son unité, sa stabilité, son identité, sa nature multiple mais indivisible.

La France est Une et Indivisible.

Le reste, même si « tout devient possible » n’est que futilité.


Voyage autour de la présidentielle (7)

janvier 10, 2007

Le fonctionnement de notre démocratie suppose une réaction de communication constante à l’actualité. Le principe est simple, il s’agit de surfer sur le sujet qui fait l’actualité chacun fourbissant son événement, sa dialectique, sa proposition etc. qui permette d’exister dans les médias. Dernier exemple en date, l’opération de Besancenot qui consistait à ériger un mur de parpaing devant la mairie de Neuilly pour y dénoncer, en écho au village de tente de SDF, le manque de logements sociaux dans la ville même du candidat Ump. Mais avant lui Sarkozy et Chirac ont inventé le droit opposable au logement, Royal a signé la charte des « enfants de don Quichotte » en se rendant au village des SDF et ainsi de suite.

L’absence sur ce sujet qui fait l’actualité n’est pas envisageable pour tout candidat qui se respecte et qui a besoin de s’afficher dans les médias pour sa notoriété.

Leur projet présidentiel s’immerge et se conçoit dans l’instantané. Le constat, l’analyse et les priorités sont dictés par des événements qui sont de plus en plus, aux yeux des Français, des non-évènements voire de contre-évènements. C’est tout juste, si pour l’électeur, la situation des SDF ne s’apparenterait pas à un coup monté propice à détourner l’attention des véritables enjeux.

Dans un tel jeu, comment vont se décider les électeurs qu’on nous dit, enfin les journalistes qui ont besoin de capter leur audience, passionnés par ce scrutin présidentiel? Je crains que ce ne soit par la force des choses qu’ils s’y intéresse, c’est à dire par le matraquage médiatique. Le danger est qu’ils ne se retrouvent à aucun moment concernés par ce qui les interpelle, les tient en haleine superficiellement.

Quel est la signification, le sens du message des « droits humains » qui a marqué le déplacement en Chine de Royal ? Comment un slogan comme « tout devient possible avec Nicolas Sarkozy » (formule dérivée de « Demain on rase gratis ») ne peut-il pas prêter au sarcasme ?

Je crois à un vieux fond de sagesse dans les peuples. Dans cette hypothèse, n’y-a-t-il pas tout à craindre plutôt que tout à espérer de ce scrutin ?


Voyage autour de la présidentielle (6)

janvier 6, 2007

Il est tôt ce matin quand je retrouve Rémi à la brasserie Le Danton à Saint Germain des prés. Nous venons de commander chacun un café. Rémi, qui me connaît bien, me regarde avec un air rieur.

– Pourquoi cet air amusé, Rémi ?

– Parce que je sais d’avance sur quoi tu vas m’entreprendre.

– Le Pen affirme qu’il est de centre-droit; alors forcément!

– Il a ajouté, comme tout l’échiquier politique se déportait à gauche, sa position initiale de centre droit, qui n’a jamais varié, le positionne aujourd’hui à l’extrême droite.

– Avoue que c’est un peu tortueux comme développement. Certes, tout est toujours relatif, mais ne s’agit-il pas d’une tactique, en s’achetant une sorte de virginité ?

– Je crois que la dédiabolisation de Le Pen depuis 2002, autrement dit, la lepenisation des esprits, lui permet de s’étendre électoralement en captant de nouveaux électorats.

– Mais ne perd-il pas toute sa spécificité, le vote en guise de pied de nez ?

– Je vais plus loin dans ton sens, ne prépare-t-il pas sa succession en assurant le passage de témoin à sa fille lui permettant de jouer un rôle d’influence dans les années à venir ?

– Cela se tient en effet. Mais cela veut aussi dire qu’il met sa fille en position de passer des accords politiques avec les autres partis de droite. Dans ce cas, le Front national abandonne des pans entiers de son corps doctrinal.

– Il est vrai que le passage est escarpé : Tenter de faire partie à l’avenir du jeu politique sans perdre sa nature, son identité. Toujours est-il qu’une chose est sûre, la stratégie Pasqua de 1988 ou celle de Sarkozy en ce moment, qui consiste à faire revenir des électeurs, soi-disant égarés, ne marche pas. La seule solution serait de passer des accords comme ce fut le cas entre l’Udf et le Rpr pendant des années. Je pense qu’une partie de l’opinion est prête et l’adoucissement des moeurs du père grâce à la fille peut le favoriser. Sans doute un des enjeux de l’ère post Le Pen – Chirac.


Des voeux et des châtaignes

janvier 4, 2007

Tandis que Chirac entame sa traditionnelle tournée (ultime pour certains) des voeux, Sarkozy entend siffler les balles.

Tout a commencé par le 31 décembre et les voeux à la nation du Président. Ce dernier a mis en garde contre la tentation extremiste et les vieilles recettes qui n’ont pas marcher une manière de tordre le cou à Sarkozy et à son tropisme libéral ainsi qu’à son illusoire poursuite des voix Le Pen.

Ces voeux accompagnés de châtaignes se sont poursuivis lors de la présentation de ses voeux à son gouvernement. A cette occasion il a précisé, entre les mots, l’incompatibilité qu’il y avait à être ministre de l’Intérieur et candidat. Mais surtout, Chirac a insisté sur l’incohérence qu’il y avait à prôner la rupture en faisant « table rase » d’un bilan dont Sarkozy à défaut d’en être solidaire en était comptable en ayant accepté d’appartenir au gouvernement.

En deux séances de voeux, Chirac a emballé puis pesé Sarkozy. Quand on pense que cela va durer encore dix jours…

Sarkozy a toutes les chances de terminer en lambeaux; cela se nomme la guerre en dentelles.


Voeux de Jacques Chirac : Entre esquisse de bilan et plan sur la comète

janvier 1, 2007

« Soyons nous-même » a-t-il lancé presqu’en conclusion de son allocution aux Français. Auparavant, il a rappelé en filigrane de son propos ce qui compte pour la France sur la scène internationale et pour les Français en matière de protection dans un contexte mondialisé. Il en a profité pour mettre en garde contre les « vieilles recettes » douteuses et les tentations mirifiques.

Comme il a aussi dit qu’il s’engagerait pleinement à l’occasion de la présidentielle, Jacques Chirac a semblé dresser les grandes lignes de sa Politique – au sens noble du terme – passée et probablement à venir pour la France.

Une chose est sûre, ce rappel aux Français d’être soi-même en dit long sur ce qu’il pense des projets ou absence de projet des candidats actuellement en lices, et traduit finalement très bien l’inquiétude des Français sur le caractère aventureux des candidatures qu’ils leur sont proposées.