Que des candidats de quat’ saisons

mars 31, 2007

Pas un pour rattrapper l’autre. Ils accumulent tous leurs propositions gadgets : les drapeaux français le 14 juillet à nos fenêtres, un 54è ministère, un référendum ici ou là etc.

Plutôt que de séduire ils agressent, au lieu de convaincre ils racolent selon l’arrivage de l’actualité du jour.

Pas un pour nous parler de la France, ce qu’elle a été, est et sera. Aucun ne parle du peuple français, ne le mobilise vers son avenir.

Y-en aurait-il au moins un avec des valeurs, des principes pour nous fédérer? Un programme qui ressemble à un projet d’avenir pour nous enthousiasmer?

Le seul vote inutile dans ces conditions c’est à dire véritablement engageant sera l’abstention. Plus elle sera forte, plus la légitimité de celui ou celle qui sera élu(e) sera faible le condamnant à changer cette manière absurde de pratiquer la politique.

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Vote (in)utile or not vote (in)utile

janvier 17, 2007

Et si le 21 avril 2002 avait modifié le clivage traditionnel droite-gauche ?

En étant présent au second tour de la présidentielle en 2002, Le Pen n’aurait-il pas, à son corps défendant, fait apparaître un nouveau clivage dans le paysage politique français ?

En effet, il y aurait d’un côté le PS et l’UMP représentés par Royal et Sarkozy, d’une certaine manière les candidats du système et de l’autre côté, tous les autres candidats Le Pen, Villiers, Bayrou, Buffet, Laguiller, Besancenot contestant les deux premiers et se présentant comme les candidats opposés au système. D’où leur même angle à tous de campagne sur le favoritisme des médias (devenus les symboles du système) à l’égard de Royal et de Sarkozy. Tout comme Bayrou avait trouvé l’idée du troisième homme en 2002 n’a-t-il pas inventé cette fois-ci les anti-ségosarko ?

Ce nouveau clivage modifie du même coup la nature de la campagne présidentielle : l’enjeu essentiel devenant le premier tour et non plus, surtout pour le PS et l’UMP, le second. Et d’ailleurs, Sarkozy et Royal n’auraient-ils pas déjà anticipé cette évolution en faisant tout dans leur campagne pour éviter de finir derrière Le Pen ou un autre candidat, le fameux troisième homme ?

Quant aux autres, ils font tous du plagiat de Le Pen, ils sont tous hostiles aux deux partis qui « ont trompé les Français depuis 30 ans » ces Français qui ont bien raison de « voter leur ras le bol ».

Pour les candidats du système ils ont 45% à se partager (les voix du « oui » au référendum sur la constitution européenne) et les autres ont à se répartir les 55% de « non ».

Dans ce schéma, par simple calcul mathématique, il est fort probable que Royal ou Sarkozy virent tous les deux en tête à l’issue du premier tour, encore que la campagne puisse nous surprendre… ce nouveau clivage aidant.


Hollande et l’augmentation des impôts

janvier 12, 2007

François Hollande fait une annonce sur la fiscalité. Il en ressort qu’il souhaite, en cas d’élection de Ségolène Royal, augmenter les impôts.

Aussitôt, l’Ump dénonce cette atteinte au portefeuille des contribuables. Plus étonnant, Royal prend ses distances avec cette proposition.

En réalité, Hollande est dans son registre. Il s’attaque à la droite et se pose en ardent défenseur de la cause sociale-gauchiste tandis que Royal, plus modérée, pondère les options « à gauche toute ».

A eux deux, ils couvrent une spectre plus large d’opinion donc d’électeurs; plutôt habile comme répartition des tâches.

La méthode est celle de Sarkozy qui, lui, essaie de chasser sur les terres du Front national, s’affirme de droite (plutôt libérale) et reprend à son compte des propositions socialistes (la double peine). Son problème est sans doute qu’il fait tout, tout seul au risque de se brouiller aux yeux de ces différents électeurs « dragués ».

Bref, Sarkozy dispose d’un parti mais personne y joue, comme pour Royal, le rôle d’Hollande.

Ceci dit, tout cela n’en demeure pas moins être des postures qui ressemblent assez peu à des convictions profondes poursuivant une vision d’ensemble.


Voyage autour de la présidentielle (7)

janvier 10, 2007

Le fonctionnement de notre démocratie suppose une réaction de communication constante à l’actualité. Le principe est simple, il s’agit de surfer sur le sujet qui fait l’actualité chacun fourbissant son événement, sa dialectique, sa proposition etc. qui permette d’exister dans les médias. Dernier exemple en date, l’opération de Besancenot qui consistait à ériger un mur de parpaing devant la mairie de Neuilly pour y dénoncer, en écho au village de tente de SDF, le manque de logements sociaux dans la ville même du candidat Ump. Mais avant lui Sarkozy et Chirac ont inventé le droit opposable au logement, Royal a signé la charte des « enfants de don Quichotte » en se rendant au village des SDF et ainsi de suite.

L’absence sur ce sujet qui fait l’actualité n’est pas envisageable pour tout candidat qui se respecte et qui a besoin de s’afficher dans les médias pour sa notoriété.

Leur projet présidentiel s’immerge et se conçoit dans l’instantané. Le constat, l’analyse et les priorités sont dictés par des événements qui sont de plus en plus, aux yeux des Français, des non-évènements voire de contre-évènements. C’est tout juste, si pour l’électeur, la situation des SDF ne s’apparenterait pas à un coup monté propice à détourner l’attention des véritables enjeux.

Dans un tel jeu, comment vont se décider les électeurs qu’on nous dit, enfin les journalistes qui ont besoin de capter leur audience, passionnés par ce scrutin présidentiel? Je crains que ce ne soit par la force des choses qu’ils s’y intéresse, c’est à dire par le matraquage médiatique. Le danger est qu’ils ne se retrouvent à aucun moment concernés par ce qui les interpelle, les tient en haleine superficiellement.

Quel est la signification, le sens du message des « droits humains » qui a marqué le déplacement en Chine de Royal ? Comment un slogan comme « tout devient possible avec Nicolas Sarkozy » (formule dérivée de « Demain on rase gratis ») ne peut-il pas prêter au sarcasme ?

Je crois à un vieux fond de sagesse dans les peuples. Dans cette hypothèse, n’y-a-t-il pas tout à craindre plutôt que tout à espérer de ce scrutin ?