A campagne chiante, vote inutile

février 9, 2007

Jules Vallès parlait des écouteurs de portes, des fileurs d’actualité au sujet des journalistes.

Pas grand chose n’a changé, ceux là continuent de nous restituer l’écume de la campagne, composée à base de petites phrases interprétées au-delà de leur véritable signification. Ils ont ensuite beau jeu de nous dire que les candidats manquent de convictions; dans ce cas qu’ils l’écrivent qu’untel n’a aucun projet, qu’il transpire l’opportunisme, que les idées ne sont que des usurpations etc. Au lieu de cela, ils nous relatent des inepsies sans le moindre intérêt. Qu’avons-nous retenu de la semaine qui vient de s’écouler : Royal nous a ouvert les portes de son QG, boulevard Saint-Germain, Sarkozy prépare un déplacement à Argenteuil sur le lieu de son « crime contre la racaille », Bayrou se sent pousser des ailes, Le Pen piste ses parrainnages de maires, Bové n’ira pas en prison, etc.

Rien, néant, cette campagne est vide, sans intérêt et d’un chiant, mon vote sera, à n’en pas douter, totalement inutile.

Tous ces candidats sont des épouvantails à idées, des nuisibles dans la mesure où ils parviennent à nous gâcher l’ambiance générale.

Et pendant ce temps là Bernadette Chirac est l’invité de Drucker à l’émission Vivement dimanche

Espérons, à l’instar d’Hillary Clinton, qu’elle annonce sa candidature, on rigolerait bien!

Votez Bernadette!

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En attendant le vote inutile…

janvier 31, 2007

Nous connaissons au moins un angle de campagne des socialistes : Non au statut de ministre-candidat de Sarkozy!

Pas très glorieux mais ça débarrasse, doit-on se dire au Ps. En effet, le trouble est jeté sur une double fonction permettant à Sarkozy de s’adonner aux coups bas, tout en l’accusant de prévarication.

Après une enquête des RG sur un proche de Royal, voilà que nous apprenons, par le Canard enchaîné, qu’une autre enquête aurait été diligentée cette fois sur le patrimoine du couple Royal-Hollande, et ce, avant que le public découvre que le couple s’acquittait de l’Isf…

Vrai, pas vrai, là n’est pas mon propos. Jetons juste un oeil sur la gestion de crise de Sarkozy que j’ai commencé à évoquer dans un précédent billet :

 1 – Une opération de déstabilisation est lancée contre lui à propos du mélange des genres entre ministre et candidat.

2 – Une enquête RG aurait été commanditée sur un proche de Royal, afin de prouver que ce mélange des genres nuit au bon déroulement de la campagne et romprait l’égalité entre les candidats.

3 – Sarkozy, s’exprime en dénonçant de ridicules calomnies et ironise même sur une enquête plus utile sur le programme de Royal. Pas question d’aborder la question de la démission à ce moment, qui serait du plus mauvais effet auprès de l’opinion.

4 – Ce matin, sur Europe 1, il annonce qu’il quittera ses fonctions « un mois et demi avant le second tour » du scrutin présidentiel. Annonce, à froid, sans donner l’impression de céder à la pression.

5 – Le Ps et Royal devrait continuer d’interpeller l’opinion sur le sujet, et Sarkozy aura beau jeu de rappeler la règle « morale » qu’il s’est fixée.

A suivre…


Voyage autour de la présidentielle (7)

janvier 10, 2007

Le fonctionnement de notre démocratie suppose une réaction de communication constante à l’actualité. Le principe est simple, il s’agit de surfer sur le sujet qui fait l’actualité chacun fourbissant son événement, sa dialectique, sa proposition etc. qui permette d’exister dans les médias. Dernier exemple en date, l’opération de Besancenot qui consistait à ériger un mur de parpaing devant la mairie de Neuilly pour y dénoncer, en écho au village de tente de SDF, le manque de logements sociaux dans la ville même du candidat Ump. Mais avant lui Sarkozy et Chirac ont inventé le droit opposable au logement, Royal a signé la charte des « enfants de don Quichotte » en se rendant au village des SDF et ainsi de suite.

L’absence sur ce sujet qui fait l’actualité n’est pas envisageable pour tout candidat qui se respecte et qui a besoin de s’afficher dans les médias pour sa notoriété.

Leur projet présidentiel s’immerge et se conçoit dans l’instantané. Le constat, l’analyse et les priorités sont dictés par des événements qui sont de plus en plus, aux yeux des Français, des non-évènements voire de contre-évènements. C’est tout juste, si pour l’électeur, la situation des SDF ne s’apparenterait pas à un coup monté propice à détourner l’attention des véritables enjeux.

Dans un tel jeu, comment vont se décider les électeurs qu’on nous dit, enfin les journalistes qui ont besoin de capter leur audience, passionnés par ce scrutin présidentiel? Je crains que ce ne soit par la force des choses qu’ils s’y intéresse, c’est à dire par le matraquage médiatique. Le danger est qu’ils ne se retrouvent à aucun moment concernés par ce qui les interpelle, les tient en haleine superficiellement.

Quel est la signification, le sens du message des « droits humains » qui a marqué le déplacement en Chine de Royal ? Comment un slogan comme « tout devient possible avec Nicolas Sarkozy » (formule dérivée de « Demain on rase gratis ») ne peut-il pas prêter au sarcasme ?

Je crois à un vieux fond de sagesse dans les peuples. Dans cette hypothèse, n’y-a-t-il pas tout à craindre plutôt que tout à espérer de ce scrutin ?


Les petites phrases et autres bons mots

novembre 20, 2006

Elles sont l’humus des feuilletons politico-médiatiques. Le summum étant sans conteste le « off » que cultive avec jouissance le triumvirat journalistes-communicants-politiques, chacun essayant de le maîtriser au mieux.
Pierre angulaire de la vie politique, ayant réussi à ringardiser les valeurs et autres convictions, la petite phrase façonne les campagnes électorales; la recherche, le choix et la reprise du bon mot, celui qui fait mouche, est devenu le sel de la politique. La politique était auparavant affaire d’engagement, elle est dorénavant affaire d’image; ce qui compte est davantage ce qu’on dit plutôt que ce qu’on fait; le « phrasé » a pris le pas sur l’écrit.
Cependant, comme pour les convictions, ces bons mots et petites phrases ont plus ou moins d’impact et traduisent avec plus ou moins de bonheur des positions politiques. Dans Vote (in)utile nous proposons de publier régulièrement un florilège des plus « croustillants ».

Actuellement au PS, la ligne est clairement de se démarquer de l’échec de 2002 et de Jospin jugé trop condescendant; cela donne :
S. Royal  » La politique doit partir de la réalité de la vie des gens, être attentive aux leçons que le peuple donne », et « La France doit donner à chacun les moyens de prendre effectivement son existence en mains »
P. Menucci  » L’anti-campagne Jospin »

A l’extrême-gauche, il s’agit de se dégager un espace électoral:
J. Bové  » C’est un choix cohérent pour une campagne blairiste » à propos de la désignation de Ségolène Royal
C. Autain  » Ce mouvement de droitisation du PS ne nous réjouit pas car c’est une mauvaise nouvelle pour le peuple »
M. Gremetz  » Sarko court dérrière Le Pen et Ségo dérrière Sarko »
A. Laguiller  » Il s’agit de chasser la droite du pouvoir, ce qui dans les circonstances actuelles, ne pourra se faire qu’en ramenant la gauche aux affaires même si l’on sait qu’on n’a rien à en attendre »

A l’UMP, embarrassé par Ségolène Royal et en attendant une réaction plus appropriée, on féminise :
V. Pécresse  » La révolution féminine est également en marche à l’UMP. Ségolène Royal est une femme qui cache une forêt d’hommes. Nicolas Sarkozy, un homme qui cache une forêt de femmes ».