Une présidentielle vidée de son sens

avril 15, 2007

Quelle France les seize candidats nous prépare-t-il ?

Aucune idée. Leur projet est inexistant, ils n’ont fait qu’ausculter les intentions de l’opinion et tâcher d’y répondre en la caressant dans le sens du poil.

Finalement la campagne électorale fût une longue, très longue, trop longue campagne publicitaire. Elle nous laisse sur notre faim.

Le veau d’or démocratique, le suffrage universel, ne risque pas d’en sortir grandi. D’ailleurs le système électoral n’est-il pas inutile pour gouverner un pays ?

Il n’engendre que démagogie et instabilité. D’ailleurs à peine cette élection sera passée que la suivante occupera déjà tous les esprits délaissant l’intérêt du pays et des Français.

Ne vaudrait-il pas mieux, plutôt qu’aspirer à une sixième république, revenir à la royauté. Système qui avait l’immense mérite d’assurer une grande stabilité et de donner du temps à l’action politique.

Voter est à mon sens vraiment inutile. Inutile d’en choisir un parmi les seize, inutile une fois choisi.

Le vote inutile est sûrement de ne pas aller voter ? La déception en sera moins grande…

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Que des candidats de quat’ saisons

mars 31, 2007

Pas un pour rattrapper l’autre. Ils accumulent tous leurs propositions gadgets : les drapeaux français le 14 juillet à nos fenêtres, un 54è ministère, un référendum ici ou là etc.

Plutôt que de séduire ils agressent, au lieu de convaincre ils racolent selon l’arrivage de l’actualité du jour.

Pas un pour nous parler de la France, ce qu’elle a été, est et sera. Aucun ne parle du peuple français, ne le mobilise vers son avenir.

Y-en aurait-il au moins un avec des valeurs, des principes pour nous fédérer? Un programme qui ressemble à un projet d’avenir pour nous enthousiasmer?

Le seul vote inutile dans ces conditions c’est à dire véritablement engageant sera l’abstention. Plus elle sera forte, plus la légitimité de celui ou celle qui sera élu(e) sera faible le condamnant à changer cette manière absurde de pratiquer la politique.


Le vote Bayrou s’apparente-t-il au vote Le Pen ?

mars 17, 2007

Plusieurs fois j’ai entendu que le vote Bayrou était un vote Le Pen light. Une sorte de vote contestataire qui pourrait marcher, un vote contestataire utile dirait certains…

Il semble que la réalité soit différente. Encore que la réponse n’apparaîtra que le 22 avril.

La radioscopie du vote Bayrou montre plutôt que celui-ci s’appuie sur 6 à 7% d’un socle naturel d’électeurs du centre auquel s’ajouterait 7 à 8% d’électeurs socialistes revenus de la candidate Royal et de 6 à 7% d’électeurs Ump ne pouvant se résoudre à voter Sarkozy. Ces 13 à 15% n’ayant que peu de chose à voir avec les électeurs Le Pen.

Ceux-ci proviennent plutôt, hormis le socle historique de l’extrême droite, des orphelins du parti communiste à la recherche d’une sorte de Robin des bois des ouvriers auxquels s’ajoutent les exaspérés du système qui entendent le dénoncer, le déstabiliser et pourquoi pas le terrasser.

Cette enquête succincte, je le reconnais volontiers, laisse supposer que le vote Bayrou n’est pas le vote Le Pen. Cela laisse du même coup augurer d’une surprenante fin de campagne présidentielle où, l’électeur de plus en plus volatil, peut offrir un quarté défiant les lois des parieurs-sondeurs.


Bayrou met fin au vote utile : Vive le vote inutile !

mars 10, 2007

Les sondages de ce week-end, en plaçant Bayrou au même niveau d’intentions de vote que Royal et Sarkozy, mettent fin au chantage du vote utile.

Désormais le vote inutile prend tout son sens, la campagne présidentielle commence enfin…


Le vote inutile en passe d’être le vote utile ?

mars 9, 2007

L’invocation du vote utile semble provoquer l’effet inverse de celui recherché. Ainsi, plus il est rappelé de voter utile, plus on assiste à un éparpillement des intentions de vote.

Le vote utile est devenu synonyme de vote anti-système, or c’est justement de ce système que ne veulent plus les Français.

Pour autant, qu’on se comprenne bien, je ne suis pas encore convaincu que le vote inutile soit un vote anti-Royal ou anti-Sarkozy.

Seulement il est désormais possible d’espérer que les candidats ne se comportent plus en bonimenteurs mais deviennent plus responsables


Une semaine de campagne comme les autres…

mars 4, 2007

Avec rien à se mettre sous la dent. A la fois pas intéressants, pas enthousiastes, pas drôles, vraiment pas étonnant que la campagne présidentielle s’enlise avec des candidats aussi peu imaginatifs et insignifiants.

Cela ressemble à un mauvais feuilleton avec un casting complètement raté. La faute en revient probablement à la publicité  autorisée pour les grandes surfaces à la télé, chacun y va de son slogan pourvu qu’il soit le plus poire possible jugez-en :

« Ensemble tout devient possible », « pour que ça change fort », « osez Bové », etc.

Et d’autres sont en préparation chez les communicants : « Bayrou ah ça pour sur! »,  « Avec Royal, les cerveaux durent plus longtemps », « Dragée Sarko, ça dégage! », « Le Pen, y’a bon », « Laguiller, un ouvrier sinon rien », « Besancenot, et bébé sera plus au sec », « Buffet, je ferai pas ça tous les jours » etc.

Que voulez-vous, c’est pas terrible je vous l’accorde, mais il faut bien s’amuser avec quelque chose et puis de vous à moi ils en seraient capables!


Une campagne de pure forme

mars 2, 2007

(In)utile d’espérer encore un quelconque débat de fond durant cette campagne présidentielle.

Seul le débat de forme s’est engagé. Contentons-nous!

Sarkozy, après avoir cultivé son indépendance pendant quatre ans, revient sur tout ce qu’il a pu dire, si bien qu’un électeur n’y retrouverait pas son vote.

Royal, tout en évanescence,  n’attend qu’une seule chose le réflexe du vote utile, une sorte de vote de conscience. Il faut bien dire qu’en 2004, lors des élections régionales, cela a parfaitement fonctionné à la surprise générale  même au PS. Du coup, pas question de changer une campagne qui gagne.

Le Pen, parfaitement à son aise dans le débat démocratique -tout en renoncement – tel qu’il est pratiqué par nos élites, mise sur le vote déversoir; si déception il y a, au moins elle ne sera pas grande…

Bayrou, qui vient de mettre la main sur la pierre philosophale de la politique en démocratie, fait son « Le Pen » version modérée. Mais comme pour Le Pen, l’enjeu consiste à ne pas aller au bout : que pourrait-il bien faire de plus que les autres. L’avantage de la situation est de pouvoir jouer sans avoir les emmerdes du pouvoir.

Besancenot, Buffet, Laguiller, Bové, Voynet font campagne dans la campagne ; la course à l’échalote du vote anti-quelquechose. C’est à celui qui en récupérera la marque déposée.

Reste l’idiot (in)utile : Villiers. Après avoir couru après Le Pen pour faire comme Sarkozy croyant que cela marchait, le voilà attaquer en justice par Le Pen à propos des parrainnages de maire. Mon premier fou rire de campagne, à en pleurer et à se taper à n’en plus pouvoir sur les cuisses, est venu en le regardant prendre son air indigné, quelque peu effarouché pour dire qu’il n’avait rien fait (personne n’en doutait cela dit au passage!) comme quoi il ne faut pas jouer avec plus malin que soi. On aurait dit le bedeau du village en campagne électorale.

Vraiment pas folichonne cette élection, pas de quoi rêver en tout cas! Ce vote (in)utile, je le sens de mieux en mieux